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Eric Staal n’est pas Corey Perry

Jets vs Canadiens
Photo Martin Chevalier Eric Staal n’est plus ce qu’il a déjà été et son impact avec le Canadien tarde à se faire sentir.

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Qu’on se le dise tout de suite : le Canadien n’a pas fait l’acquisition d’un autre Corey Perry lorsqu’il est allé chercher Eric Staal des Sabres de Buffalo. Le joueur de centre tarde à faire sentir sa présence et prend la plupart du temps la place d’un jeune athlète plus fougueux. Et je dois avouer que cette tendance qu’ont les équipes à continuer à faire confiance à des vétérans en fin de carrière commence à m’agacer royalement. 

Pour des raisons d’heure de tombée, cette chronique a été rédigée avant la fin du match d’hier soir entre le Canadien et les Flames. Mais ça ne change rien à mon opinion. 

Avant la rencontre d’hier, Staal avait inscrit un but en six matchs à Montréal et présentait un différentiel de -7. À Buffalo, avec une équipe moribonde, il semble évident que Staal n’a pas mis tout l’effort nécessaire et ça se ressent. 

Pendant ce temps, Jake Evans, qui joue avec fougue et intensité chaque fois qu’il est utilisé depuis quelques semaines, doit souvent passer son tour. 

Comme à Toronto 

Le Canadien a tenté sa chance avec Corey Perry et il faut reconnaître que ça fonctionne. Mais ça ne veut pas dire que chaque vétéran en déclin va retrouver un second souffle. 

Pourtant, les équipes continuent de se les arracher aux quatre coins de la LNH. À Toronto, on a fait signer des contrats à Joe Thornton, Jason Spezza et Wayne Simmonds. 

Après un essai avec le trio d’Auston Matthews et Mitch Marner, Thornton a finalement été relégué à un rôle de soutien la plupart du temps. 

Malgré tout, il n’est pas rare que l’entraîneur Sheldon Keefe le place aux côtés de ses deux jeunes vedettes offensives en cours de match afin de créer une étincelle. 

Les entraîneurs le font tous. 

Par contre, demandez à Matthews et Marner s’ils préfèrent jouer avec Thornton ou avec Alex Galchenyuk ou Zach Hyman. Vous devinez la réponse. 

Des gagnants

Je sais que mon opinion n’est pas populaire, mais je l’assume entièrement. J’ai la ferme impression que les équipes se font accroire que parce qu’un joueur a du vécu ou parce qu’il a gagné dans sa carrière, il aura un impact majeur avec une équipe, même s’il a ralenti. 

Vous voulez que je vous dise, moi, pourquoi Eric Staal a gagné la coupe Stanley en 2006 ? Oui, parce qu’il est assurément un gagnant, mais surtout... parce qu’il était bon en 2006 ! 

Ces vétérans ne sont toutefois pas différents de tous les autres athlètes dans le monde : ils sont fiers. Pour la majorité, si ce n’est la totalité d’entre eux, ils croient toujours être capables de produire autant qu’avant malgré leur âge avancé. 

Souvent, ils utiliseront l’excuse qu’ils ne bénéficient pas du temps de glace leur permettant de réellement se faire valoir. Leur expérience et leur prestance commandent aussi le respect chez les entraîneurs. Ils sont souvent de bons vendeurs et savent trouver les bons mots pour convaincre les entraîneurs de les utiliser. 

Leadership et talent 

Pendant ce temps, on semble oublier ce que ça prend pour gagner : du talent. 

Oui, le leadership est important. Mais une équipe n’a pas besoin d’avoir 20 leaders dans son organisation pour espérer avoir une chance de mettre la main sur la coupe Stanley. Ça en prend un ou deux bons et le personnel d’entraîneurs va s’occuper du reste. 

Ce n’est pas facile de dire à un vétéran aguerri qu’il va moins jouer. Je le sais, j’ai déjà cloué au banc Marcel Dionne et Guy Lafleur pendant une période complète avec les Rangers de New York. Je peux vous dire une chose, je me sentais petit dans mes souliers, mais je n’avais pas le choix de le faire. Pour le bien de l’équipe. 

C’est comme ça que la gestion d’une équipe devrait se faire : les meilleurs joueurs jouent, peu importe leur âge ou leur statut. 

Aussi simple que ça. 

– Propos recueillis par Kevin Dubé 

Les échos de Bergie  

QUI SONT-ILS ?

Un soir, on a l’impression que le Canadien est de retour au sommet. Ç’a été le cas lundi dernier. L’autre soir, on voit une équipe à plat et démotivée, comme face aux Flames de Calgary, mercredi. Mais qui est le vrai Canadien de Montréal ? Comment peut-on expliquer que l’équipe soit si convaincante contre les puissants Maple Leafs de Toronto puis s’effondre ensuite contre les Flames ? Je suis convaincu que Marc Bergevin ne doit pas être satisfait en ce moment. On n’arrête pas de vanter la profondeur de l’équipe, son caractère en raison des additions faites lors de la dernière saison morte. Pourtant, trop souvent, on n’en voit pas l’effet. En bon entraîneur, Dominique Ducharme tente le plus possible de ne pas s’enflammer devant les médias. Après tout, il ne veut se mettre personne à dos puisqu’il joue lui aussi son poste. 

CAUFIELD, ÇA VA VENIR

Le Canadien a finalement rappelé Cole Caufield. Pour le moment, il demeurera sur la liste de réserve et on verra pour la suite. Chose certaine, il se rapproche et son rappel est signe qu’il fait partie des discussions au sein de l’organisation. Le personnel d’entraîneurs aura l’occasion de le voir tous les jours à l’entraînement et, à un moment donné, la décision va se prendre d’elle-même. Je pense que le jeune franc-tireur pourrait faire ses débuts dans la LNH plus vite qu’on pense, et ça dépendra probablement des résultats de l’équipe. Si le Canadien offre des prestations en demi-teinte, on pourrait l’insérer dans la formation pour brasser la soupe. Chose certaine, le Tricolore doit revenir à son identité, celle d’une équipe rapide, et c’est exactement ce qu’apporte Caufield.

JE N’EN REVIENS PAS !

Pour ceux qui m’ont entendu sur les ondes de TVA Sports après l’annonce de la transaction faisant passer Anthony Mantha des Red Wings de Detroit aux Capitals de Washington, sachez que je ne me suis toujours pas calmé ! Je ne comprends pas que le Canadien n’ait pas tout fait pour mettre la main sur le franc-tireur québécois. Tu n’as pas deux chances de mettre la main sur un attaquant de la Belle Province de 6 pi 5 po et 235 lb qui sait marquer des buts ! Je suis tombé en amour avec le style de jeu de Mantha depuis la première fois où je l’ai vu jouer lors d’un match entre les Foreurs de Val-d’Or et les Cataractes de Shawinigan, dans la LHJMQ. Il aura du succès à Washington, je n’en ai aucun doute.