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Féminicides: «Les conjoints violents sentent qu’ils perdent l’emprise»

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Alors que la série noire de féminicides se poursuit au Québec, la directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Manon Monastesse, a qualifié la situation de «profondément désespérante».

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Mais Mme Monastesse redoute sérieusement que ce soit le début d’une longue série. En février, la directrice générale avait déjà tiré la sonnette d’alarme puisqu’elle estimait que les possibilités de séparation étaient plus fortes étant donné que le contexte de la pandémie de COVID-19 est différent de celui de l’année dernière.

«Les conjoints violents sentent très bien qu’ils perdent l’emprise sur leur conjointe et, malheureusement, on en arrive à cette série noire qui est absolument inacceptable», dit-elle.

Manon Monastesse s’inquiète d’autant plus du fait que le Québec compte 10 féminicides en mois de trois mois, alors qu’il y en a en moyenne une douzaine par année dans la province.

«On espère profondément que la série ne va pas se poursuivre pour en arriver, si la tendance se maintient, à une quarantaine de féminicides. Ça serait vraiment une situation inacceptable», dit-elle.

Elle implore donc les femmes à aller chercher l’aide dont elles ont besoin. «Si vous voulez quitter un conjoint violent, nous sommes là pour vous préparer pour quitter», rappelle Mme Monastesse.

La pointe de l’iceberg    

Malgré tout, Manon Monastesse est d’avis que les féminicides, aussi horribles soient-ils, ne sont qu’en vérité la pointe de l’iceberg d’un fléau bien plus grand qu’est la violence faite aux femmes.

«Il faut le dire, les féminicides ne sont que la pointe de l’iceberg. L’année dernière, on a hébergé plus de 2000 femmes pour nos 36 maisons d’hébergement. Il y en a 300 parmi elles qui nous ont dit avoir été victime d’une tentative de meurtre», indique-t-elle.

Mme Monastesse appelle donc à une «prise de conscience de la société» pour éradiquer ces crimes «terribles» et «sordides» commis pour cause de vengeance.

Elle se réjouit par ailleurs du fait que de nombreux hommes ont participé aux différentes marches de sensibilisation organisées partout au Québec au début avril.

Depuis deux semaines, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes est en discussion avec le gouvernement dans le but de mettre en place des mesures pour contrer les féminicides et la violence faite aux femmes le plus rapidement possible. 

Si vous en avez besoin, n'hésitez pas à demander de l'aide: sosviolenceconjugale.ca ou 1 800 363-9010

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