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Non à l’imposition de Loi 101 aux Cégeps

Non à l’imposition de Loi 101 aux Cégeps
PHOTO COURTOISIE

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L’idée revient régulièrement sur la table au Parti québécois. Il y a 10 ans presque jour pour jour, alors que s’ouvrait le Congrès national du PQ, la Fédération des cégeps transmettait une lettre à tous les députés péquistes pour leur exprimer son désaccord avec la proposition d’étendre au collégial la loi 101 qui interdirait aux francophones et allophones l’accès aux cégeps anglophones.

10 ans plus tard, c’est encore le même débat au Conseil national du PQ qui se déroule en fin de semaine. On dirait le jour de la marmotte.

Un faux débat

À première vue, il faut croire que ça peut sembler tentant, même le ministre caquiste Simon Jolin-Barrette, qui prépare la réforme sur la langue française, jonglait avec cette idée l’automne dernier. Il a cependant été rabroué par son chef qui songe davantage à un contingentement, ce qui n’est guère mieux à mon humble avis.

Croyez-vous vraiment que le recul du français au Québec est lié aux francophones qui souhaitent devenir bilingue ou polyglotte?

Croyez-vous vraiment qu’un jeune francophone, qui a passé les 18 premières années de sa vie à parler en français, va perdre sa langue maternelle parce qu’il fréquente un cégep en anglais?

Croyez-vous vraiment qu’en obligeant les jeunes francophones ou allophones à fréquenter un cégep en français, on va rendre la langue de Molière encore plus attractive?

À 18 ans, on est majeur au Québec et on aime être libre de ses choix. On a le droit de voter, d’aller jouer au casino, d’acheter de l’alcool, mais on serait trop jeune pour décider dans quelle langue on souhaite étudier? N’oubliez pas qu’il y a des alternatives. Les jeunes pourraient très bien décider d’aller dans un collège privé anglophone ou fréquenter directement les universités anglophones situées à l’extérieur du Québec. Avec la télé-étude, on peut même le faire en demeurant au Québec.

Sérieusement, si on souhaite franciser davantage les québécois par le biais des cégeps, il serait plus logique d’ajouter de nouveaux cours de français au cursus des cégeps anglophones pour tous les étudiants qui ne maîtrisent pas la principale langue du Québec et ajouter l’enseignement d’une 3e langue pour les étudiants francophones.

Quant à nos immigrants qui viennent s’installer au Québec, ils font le choix de vivre dans une province francophone. Ils ne demandent pas mieux que d’apprendre notre langue s’ils ne la maîtrisent pas déjà et s’intégrer à notre société en travaillant et en s’impliquant dans nos activités. 

Mais pour y arriver, il faut se montrer accueillant et ne pas les faire poireauter pendant des années avant d’obtenir un certificat de sélection du Québec alors que nous avons besoin d’eux. 

Malheureusement, nous perdons de belles ressources de gens qui maîtrisent déjà notre langue ou déterminés à apprendre. Ils repartent souvent bredouille, déçus de leur expérience au Québec.

Oui, le français est une langue belle avec des mots superbes, mais laissons-là rayonner à travers notre culture plutôt que de l’imposer auprès des étudiants québécois adultes qui ne demandent qu’à être libres de leurs choix et voler de leurs propres ailes.