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Sur le front, les soldats ukrainiens prêts à faire face à la Russie

Sur le front, les soldats ukrainiens prêts à faire face à la Russie
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«Notre tâche est qu’ils n’aillent pas plus loin», lance Taras Mykytseï, un militaire posté dans les tranchées de l’est de l’Ukraine. Devant les craintes d’une invasion russe, les soldats ukrainiens se préparent à lui faire face.

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Sous le ciel gris d’avril, le chant des oiseaux se fait entendre, donnant une certaine illusion de tranquillité qui ne trompe personne, alors que les heurts avec les séparatistes prorusses sont quasi quotidiens sur la ligne de front, avec son lot de victimes.

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Cette semaine, «un soldat a été tué, deux autres blessés dans notre bataillon», raconte à l’AFP Iouri, un barbu de 43 ans, posté sur les positions ukrainiennes dans le village de Zaïtsevé, à une trentaine de kilomètres de Donetsk, l’un des bastions des séparatistes.

En cause, l’explosion d’une mine antipersonnel POM-2, fournie par la Russie aux séparatistes, soutient le militaire, qui a touché les soldats postés près d’un point de passage.

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«Le plus grand nombre de victimes est causé par les tireurs d’élite», explique toutefois Vladyslav, un autre soldat de 28 ans.

Les séparatistes tentent «d’infliger des pertes maximales aux forces ukrainiennes pour provoquer une riposte», a estimé auprès de l’AFP le commandant adjoint de l’opération militaire de Kiev dans l’est, Viktor Ganouchtchak, qui accuse en outre l’adversaire de se servir d’infrastructures civiles comme couverture.

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«Nous sommes prêts à tout développement», assure-t-il.

Les forces ukrainiennes affrontent les rebelles prorusses dans l’est du pays depuis 2014, dans une guerre qui a fait plus de 13 000 morts. Après des mois de relative accalmie, les violences ont considérablement augmenté depuis le début de l’année, tandis que la Russie a massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière pour des «exercices militaires».

Selon Kiev, une trentaine de ses soldats ukrainiens ont été tués sur le front depuis le début de l’année, contre 50 pour l’ensemble de 2020. Les rebelles ont fait état d’au moins 20 morts dans leurs rangs depuis janvier.

Prêts à subir une agression

Depuis des semaines, Kiev dit craindre une invasion russe pure et simple, et il accuse le Kremlin de chercher, via les séparatistes, à provoquer un casus belli qui justifierait une telle intervention militaire.

Moscou s’est jusqu’à présent contentée, selon Kiev et les Occidentaux, à soutenir financièrement et militairement les séparatistes, tout en démentant toujours la présence de ses forces sur le front.

Soufflant le chaud et le froid ces deux dernières semaines, la Russie a assuré qu’elle ne «menaçait personne», tout en accusant Kiev de «provocations», sur fond de tensions exacerbées avec les États-Unis.

La Russie «masse» ses troupes, et «personne ne connaît ses intentions», relève M. Mykytseï, 52 ans. «Notre tâche est de ne pas permettre une percée de l’ennemi», ou au moins «de lui infliger un maximum de pertes jusqu’à l’arrivée des renforts», dit-il, avant d’ajouter: «Je pense que nous allons y arriver.»

Même avis chez son camarade de 45 ans, qui se présente sous le nom de guerre «Alik»: «Nous nous préparons à une agression, nous renforçons nos positions. S’il y a une offensive des troupes russes, nous allons protéger les frontières de l’Ukraine», dit-il, armé. 

Alors que le gouvernement espère davantage que des mots du côté de l'Occident, désirant même intégrer l’OTAN, ses militaires préfèrent compter sur eux-mêmes. 

Pour Alik, l’aide des «alliés» — l’OTAN et Washington — est bienvenue, mais la guerre est avant tout l’affaire des Ukrainiens. «C’est notre terre, notre Ukraine, nous devons défendre notre pays», dit-il.

«Nous devons compter sur nos propres forces. Quel pays étranger souhaitera envoyer ses soldats mourir?», souligne Iouri, un sergent posté près du village de Chtchatsia, dans la région de Lougansk, autre bastion des séparatistes.  

La Russie arrête un diplomate ukrainien accusé d’espionnage, Kiev proteste

Les services de sécurité russes (FSB) ont annoncé samedi avoir arrêté un diplomate ukrainien, accusé d’avoir tenté d’obtenir des informations secrètes, qui a été prié de quitter le territoire, en pleine flambée de tensions entre les deux pays.

Cet incident intervient alors que la Russie a déployé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne pour des « exercices militaires » face aux actions « menaçantes » de l’OTAN, que Kiev ambitionne de rejoindre. L’Ukraine a de son côté dit craindre une invasion russe et appelé les Occidentaux à l’aide.

« Un diplomate ukrainien, un consul du consulat général d’Ukraine à Saint-Pétersbourg, Alexandre Sossoniouk, a été arrêté vendredi par le FSB », ont précisé samedi dans un communiqué des services de sécurité russes.

Selon le FSB, M. Sossoniouk a été pris « la main dans le sac » lors d’une rencontre avec un citoyen russe, alors qu’il tentait d’obtenir des informations « secrètes ».

« Une telle activité est incompatible avec le statut diplomatique et d’une nature clairement hostile à la Russie », a poursuivi le FSB, ajoutant que « des mesures » seront prises à son encontre, « en conformité avec le droit international ».

Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué avoir convoqué samedi le chargé d’affaires ukrainien en Russie, Vassili Pokotilo, pour protester contre les « activités illégales » de M. Sossoniouk, « incompatibles avec le statut de fonctionnaire consulaire » et « préjudiciables aux intérêts de sécurité de la Russie ».

Moscou lui a signifié que la présence de M. Sossoniouk « sur le territoire de la Russie n’était plus souhaitable » et a « recommandé qu’il quitte ses frontières dans les 72 heures ».

« Provocation »

Kiev a de son côté confirmé que le diplomate avait passé plusieurs heures en détention avant d’être relâché et se trouve actuellement au consulat ukrainien.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé une « provocation » des services de sécurité russes visant à « déstabiliser » l’Ukraine, sur fond de hausse des tensions entre les deux pays ces dernières semaines.

Le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, a exprimé auprès de l’AFP sa « vive protestation contre la détention illégale » de M. Sossoniouk en Russie et a dit « exclure complètement » la véracité des accusations portées contre lui.

Il a ajouté que Kiev expulsera un diplomate russe en représailles dans les 72 heures.

De nombreux Ukrainiens ont été arrêtés en Russie et des Russes en Ukraine pour des affaires d’espionnage depuis 2014, mais l’interpellation d’un diplomate est rare.

La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux à Kiev en 2014, suivi par l’annexion de la Crimée par Moscou et une guerre entre forces de Kiev et séparatistes prorusses dans l’Est, qui a fait plus de 13 000 morts.

Depuis le début de l’année, ce conflit avec les séparatistes connaît une nouvelle flambée qui a fait des dizaines de morts et Kiev a accusé la Russie de vouloir la « détruire ». Moscou a de son côté assuré « ne menacer personne » tout en dénonçant les « provocations » ukrainiennes.

Reçu à Paris vendredi par le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit espérer une reprise de la trêve dans la guerre dans l’Est de son pays la semaine prochaine tout en appelant à un sommet de paix avec Moscou, sous médiation franco-allemande. 


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