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«C’est le Québec qui m’a inspiré»

André Marois
Photo Pierre-Paul Poulin

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« J’aime plusieurs styles, mais pour les adultes, le roman noir reste mon préféré », explique André Marois. Avec Irrécupérables, l’auteur de nombreux romans du genre – pour les jeunes et les adultes – se fait doublement plaisir. Il livre intrigue et enquête soigneusement ficelées tout en mettant en scène sa précieuse terre d’adoption.  

André Marois n’a jamais rêvé devenir écrivain. En fait, il n’avait jamais vraiment écrit lorsqu’il a quitté la France pour s’établir au Canada. Le déclencheur de son inspiration ? Le Québec, répond-il sans hésitation.

Né à Créteil dans le sud-est de Paris, l’écrivain à la famille nombreuse – ils sont six frères et sœurs – a pu compter sur ses parents pour le forcer à user d’imagination. « Pour eux, les études étaient ce qu’il y avait de plus important, alors nous n’avions pas de télévision. Nous écoutions la radio et nous lisions. Mon amour des livres est né de là. » 

Avec son arrivée au Québec en 1992 – flanqué de ses deux enfants et d’un travail en publicité –, est née une irrésistible envie d’écrire. « Le déclencheur de l’immigration », lance celui qui a laissé se transformer cette année en... une vie au Québec ! « J’avais l’impression que j’étais arrivé chez moi. » 

S’il voit ses deux premiers romans – refusés par les éditeurs – comme l’école d’écriture qu’il n’aura jamais fréquentée, c’est son troisième intitulé Accidents de parcours qui a lancé sa carrière. Un roman noir à l’intrigue policière comme aime en lire, et désormais en écrire, l’écrivain de 62 ans.  

« J’essaie d’aller explorer davantage la psychologie “mauvaise” des humains, explique le lauréat de nombreux prix, dont celui du Gouverneur général pour Le voleur de sandwichs (2014). J’écris des livres où, habituellement, je m’intéresse plus au coupable ou à la victime qu’à l’enquête pour suivre l’histoire. »

<strong><em>Irrécupérables</em><br>André Marois</strong><br>Éditions Héliotrope noir<br>246 pages
Photo courtoisie
Irrécupérables
André Marois

Éditions Héliotrope noir
246 pages

Pour la première fois dans l’un de ses romans pour adultes donc, c’est un policier qui est le personnage principal ; le malchanceux sergent-détective Steve Mazenc que les lecteurs avaient pu croiser brièvement dans d’autres œuvres de Marois comme Bienvenue à Meurtreville et Sa propre mort.

« C’est un bon gars, calme, qui est un peu déprimé par les échecs de ses enquêtes précédentes, mais qui va bien, un éternel célibataire sans doute qui a envie d’être tranquille, de se baigner, de faire du jogging et qui a besoin de vacances. Mais qui reste un policier au fond de lui-même – qui ne suit pas toujours les règles d’ailleurs – et qui s’ennuie de l’action de la ville. »

Tout comme l’intrigue initiale du roman, l’écriture d’Irrécupérables est née de cannettes – de même marque et toujours au même lieu – trouvées par terre plusieurs jours de suite par l’écrivain puis par son héros. « Tout est parti de là. »

Quelle belle coïncidence donc, que les cannettes de boisson énergisante des premières pages d’Irrécupérables se retrouvent sur le terrain d’un sergent détective et qu’elles appartiennent à bien plus qu’un simple petit pollueur !

De Mandeville à la Côte-Nord

L’enquête se déroule en deux temps : c’est entre Mandeville (petite municipalité de Lanaudière) et la Côte-Nord que se développe l’intrigue du roman. Mandeville représente le temps présent au cœur de la nature, là où l’auteur possède un chalet dans la « vraie vie ». Quant à la Côte-Nord, lui et sa conjointe l’ont visitée en septembre dernier, sur les traces de l’arrière-grand-père de cette dernière : nul autre que le naturaliste Napoléon-Alexandre Comeau.

« Dans le cas des romans où je suis dans la tête du coupable, j’écris le livre jusqu’à ce que le crime soit commis. Mais dans le cas d’une enquête comme ici, je me mets dans la tête du policier qui doit trouver le coupable avec les indices, petit à petit, et j’écris le livre à partir du moment où le crime a été commis, en essayant de découvrir ce qui s’est passé avant. » 

Si, en plus de fasciner les lecteurs avec son intrigue policière, l’écrivain arrive à les inciter à voyager à travers le Québec rural, il sera enchanté. Et si cette aventure du sergent-détective Mazenc était un jour portée au petit ou au grand écran, celui qui est devenu un fier ambassadeur du Québec serait totalement comblé.