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Histoires de terroir local

Marthe Laverdière
Photo courtoisie, Pascal Rameux Marthe Laverdière

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Ravie du succès du premier tome de sa trilogie, Les collines de Bellechasse, Marthe Laverdière en raconte davantage sur la vie d’Eva et de son beau Hormidas dans le deuxième tome de la série, Hormidas. Inspirée par des histoires du terroir local, parfois tragiques, l’horticultrice vedette de YouTube en partage des vertes, des mûres et des pas mûres sur les mœurs de la région au début du 20e siècle et des secrets de famille.

Le deuxième tome de la trilogie débute en 1911 dans le comté de Bellechasse, terre natale de l’auteure. Eva et Hormidas sont enfin seuls dans leur maison de Saint-Lazare et en profitent amplement. Hormidas, follement épris de sa jeune épouse, se révèle un père dévoué et attentionné pour Rosalie, pour Aimé, le fils tant attendu, et pour les jumelles, Alice et Aline.

Prompte à faire plaisir à ses lecteurs, Marthe Laverdière ramène aussi dans le décor Anita et Victor, Ti-Zoune, la bonne femme Audet et le beau Rosaire. 

Marthe a puisé dans ses souvenirs, dans le répertoire d’histoires qu’on lui a racontées et dans les archives régionales pour écrire ce deuxième tome.

On retourne un siècle en arrière pour l’histoire d’Hormidas. « Ma mère est morte quand j’avais 2 ans. J’ai été élevée avec ma grand-mère qui était née en 1900. On restait sur une ferme, on n’était pas riches. On avait des chevaux pour faire les foins. C’est comme si moi, j’ai vécu un peu ce temps-là », partage-t-elle, en entrevue téléphonique.

« Grand-maman, elle vivait comme dans les années d’avant, même si on était rendus dans les années 70. Le poêle à bois, tout ça, je l’ai connu quand j’étais petite. C’était le côté facile. Et j’ai tellement écouté mon père et ma grand-mère me raconter des choses. »

Recherches historiques

Et voilà pour la partie « facile », dit-elle. Pour cadrer son histoire avec justesse au niveau historique, elle s’est aussi beaucoup documentée. « Je suis allée voir dans tous les livres de centenaires des paroisses, parce que je savais que ça avait été vérifié par la Société historique de Bellechasse. »

Elle a poursuivi ses recherches sur internet, en quête de plusieurs détails, comme les horaires des trains à l’époque. « Par exemple, les trains ne faisaient pas l’aller-retour la même journée, au début. Il a fallu que je me plonge dans ça et que je voie comment ça fonctionnait dans ce temps-là. »

Elle a beaucoup aimé ce travail de recherches. « Je trouve ça riche d’aller voir dans notre histoire, de voir comment ces gens-là vivaient et évoluaient. J’ai adoré ça. Mais c’était une autre mentalité. Il y avait beaucoup de secrets de famille. L’idée de base, dans beaucoup de familles, c’était : pourvu que les gens ne le sachent pas, on est correct ».

Ignorance et soumission

Elle fait remarquer qu’au début du 20e siècle, la plupart des gens ne savaient pas lire ni écrire dans la région. « Tout ce que le curé, le docteur, le notaire disaient, c’était parole d’Évangile parce qu’eux, ils étaient instruits. Les gens, pour la plupart, ne posaient pas de questions et ne donnaient pas leur opinion. Ils suivaient. On était un peuple de moutons, disons-le. »

Cette mentalité soumise, combinée à l’ignorance, a causé plusieurs événements tragiques, dans plusieurs familles. « Combien de mères ont abandonné leur enfant et qui, dans le fond, l’auraient gardé ? Ça a amené plein de cas affreux. »

Les langues se sont quelque peu déliées, avec les années. « Si tu savais, depuis que j’ai commencé à écrire ces romans, combien je reçois de courriels, de lettres, de témoignages de femmes d’un certain âge, qui me disent : moi, j’ai vécu ça, Marthe, aller travailler à Québec et être ensuite obligée d’abandonner mon enfant. »

  • Marthe Laverdière est horticultrice, massothérapeute, hôtesse et conteuse.
  • Le dernier tome de la trilogie Les collines de Bellechasse sortira l’automne prochain.
  • Elle travaille sur le tome 3 de Jardiner avec Marthe en ce moment, en plus de préparer de nombreux autres projets.

EXTRAIT

Les collines de Bellechasse, tome 2 : Hormidas<br/>
Les Éditions de l’Homme<br/>
240 pages
Photo courtoisie
Les collines de Bellechasse, tome 2 : Hormidas
Les Éditions de l’Homme
240 pages

« Il faisait frisquet ce matin-là. Les feuilles changeaient de couleur tranquillement. Les teintes orangées brillaient dans le soleil. Hormidas avait prévu que la température serait pas chaude, c’est pourquoi il avait choisi de voyager en train avec sa petite famille plutôt que de leur faire subir le déménagement en carriole. L’heure du grand départ était arrivée. Il fallait prendre la route de Saint-Charles, où Jean Leblanc les attendait. »