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Le (beau) pari risqué de Louis-Jean Cormier

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Et de quatre pour Louis-Jean Cormier qui, avec Le ciel est au plancher, offre en quelque sorte une suite spirituelle à Quand la nuit tombe (2020). 

Louis-Jean Cormier  

Photo courtoisie

★★★★

Le ciel est au plancher

Comme quoi, après avoir chanté les vertus de la course (100 mètres haies, Tout tombe à sa place ou encore Transistors), le principal intéressé accélère également côté parutions pour le plus grand bonheur de ses fans.  

« Karkwaesque » (évidemment)

Œuvre échafaudée avec son compagnon d’armes et claviériste de Karkwa François Lafontaine, Le ciel est au plancher est justement, tout comme le LP précédent, davantage axé sur l’instrument fétiche de son coréalisateur – et, notamment, des rythmiques de Robbie Kuster (batteur pour Patrick Watson et, donc, Karkwatson) que sur les riffs de guitares.

Un album risqué

Pour les nostalgiques du fameux projet culte, Le ciel est au plancher nous rapproche dangereusement du « retour » espéré, d’ailleurs. Là s’arrêtent toutefois les comparaisons.

Le seul bémol – qui n’en est pas vraiment un – est que Le ciel est au plancher est sûrement l’album le plus intimiste de Cormier, autant dans sa direction musicale que dans ses sujets et son contexte de production. Peut-on vraiment « reprocher » au principal intéressé à proposer un second chapitre à Quand la nuit tombe – une œuvre livrée en début de pandémie – alors que 2021 est essentiellement une reprise de l’année précédente ?

Le beau risque est donc là pour l’artiste : faire fi des attentes de ses fans, des mélomanes carburant au pop folk, disons, et – surtout – des happenings entourant habituellement ses parutions pour dévoiler à la place un disque qui tient davantage de la trame sonore parfois jazzée d’un road movie imaginaire inspiré de son propre parcours – physique et psychologique – depuis le décès de son père. 

Côté textes, Cormier est égal à lui même : tour à tour tendre, sensible et opaque. Le geek de musique l’habitant se paie aussi la traite en multipliant les références à Cohen et Bowie par la bande.

On a droit ici à un grand, très grand album.

The Offspring  

Photo courtoisie

★★

Let The Bad Time Rolls

Près d’une décennie après le très mitigé Days Go By, le groupe punk refait surface avec un 10e album au titre prophétique. Vous l’aurez deviné, The Offspring ne passera pas un bon moment en lisant les critiques de cet album. Sous la houlette de Bob Rock (qui a autant épaulé Metallica que Michael Bublé), le quatuor opte pour des accroches au son cruellement lisse plutôt que de la substance. En résulte une œuvre à l’écoute agréable, mais aussitôt oubliée tant The Offspring y pantoufle. 

Paul McCartney  

Photo courtoisie

★★★

McCartney III Imagined

À peine quatre mois après avoir livré un LP solo où le plaisir et l’expérimentation étaient à l’honneur, « Macca » en rajoute avec une version réinventée de l’album où l’ex-Beatles et fan de football se fait capitaine d’une équipe toute étoile (Phoebe Bridgers, Beck, St. Vincent et j’en passe y participent). En résulte une œuvre plus disparate et, malheureusement, sans productions si surprenantes, mais qui s’apprécie avec ou sans la référence. Pour les fans du garçon dans le vent, surtout, ceci étant dit. 

Eman, GENERICTM  

Photo courtoisie

★★★ 1/2

Jefferson Chief

Le prolifique rappeur multiplie les collaborations de qualité avec, ici, le beatmaker GENERICTM. La paire livre un maxi hyper intéressant, au flow et aux sonorités éthérés, à la rencontre entre la mouvance lo-fi beats et la direction artistique de Stones Throw Records à titre de références. Seule ombre au tableau : avec son introduction et ses deux interludes, Jefferson Chief s’avère beaucoup trop court au final. On en prendrait plus. Beaucoup plus. À suivre, j’espère !

Coup de coeur  

Charlie Houston

Courtoisie

★★★★

I Hate Spring

Du haut de ses 19 ans, la Vancouvéroise a déjà captivé l’industrie musicale à l’aide de deux singles R&B hyper contemporains (planants, feutrés, aux textes aigres-doux, aux ambiances flirtant avec le vaporwave, notamment). Ce premier maxi – à venir d’ici la fin du mois – est donc hyper anticipé et, mieux encore, dépasse les attentes. Les fans de Jessie Reyez, tout particulièrement, adoreront. Celles et ceux qui ne jurent que par The Weeknd devraient également tendre l’oreille.