/sports/hockey/canadien
Navigation

N’est pas Houdini qui veut

Pourquoi l’entraîneur-chef Dominique Ducharme a-t-il les mains liées?

Oilers vs Canadiens
Photo Martin Chevalier Dominique Ducharme ne sait plus à quel saint se vouer pour replacer sa formation sur les rails.

Coup d'oeil sur cet article

« C’est la troisième fois que je le dis. Je ne peux pas en faire de changements. C’est assez simple. Si on voit une possibilité, j’en ferai. Mais je vais le répéter, dans la situation où on se retrouve, on ne peut pas faire de changements. » 

• À lire aussi: Eric Staal: une saison médiocre qui se poursuit à Montréal

• À lire aussi: Les mains liées...

• À lire aussi: «On ne l’a pas volé»– Dominique Ducharme

On a senti Dominique Ducharme passablement irrité après la défaite contre les Sénateurs, samedi après-midi, ce qui n’est pas dans ses habitudes. Même après les revers où il a accusé ses joueurs de ne pas s’être présentés ou après ceux où il a admis que son équipe ne méritait pas la victoire, on n’a jamais senti d’impatience dans sa voix.

C’est plutôt la situation dans laquelle il se trouve qui le met en beau fusil. Son équipe ne provoque rien, l’attaque massive est en panne (2 en 31), certains attaquants ne veulent pas payer le prix, d’autres sont complètement perdus ou carrément en retard sur le jeu. Mais il est pris avec les 12 attaquants qu’il a sous la main sans possibilité d’en envoyer un sur la passerelle. Que ce soit simplement pour changer la dynamique ou pour, plus sérieusement, passer un message.

Au départ, Ducharme soutenait que la trop grande proximité de l’équipe par rapport au plafond salarial rendait impossible un mouvement de personnel en attaque. 

Or, selon le site CapFriendly, une sommité en matière de comptabilité, ce n’est pas le cas. Il y a suffisamment d’espace pour insérer Jake Evans ou Cole Caufield sous le plafond.

Cependant, la volonté de Marc Bergevin de maximiser le plus possible sa marge de manœuvre à la veille de la date limite des transactions vient aujourd’hui lier les mains de son entraîneur. 

Donc, indirectement, les fluctuations sous le plafond ont une incidence.

Trois rappels brûlés

Dimanche dernier, dans l’objectif d’augmenter son pouvoir d’achat, Bergevin a envoyé Alexander Romanov et Paul Byron sur l’escouade de réserve. Une transaction administrative qui lui a permis d’épargner 16 966 $ sous le plafond.

Une fois l’heure limite des transactions franchie, chaque équipe a droit à un maximum de quatre rappels jusqu’à la fin de la saison. Or, lundi soir, le Canadien a rappelé Byron et Romanov pour affronter les Maple Leafs. Xavier Ouellet a remplacé Otto Leskinen à la ligne bleue, ce qui a, dès le premier soir, brûlé trois des quatre rappels possibles.

Soit il s’agit d’une erreur de calcul, soit Bergevin était prêt à vivre avec les conséquences. John Sedgwick, le spécialiste de la convention collective chez le Canadien, a tellement fait un travail de maître à ce niveau depuis le début de la saison que la deuxième option semble la plus plausible.

Sauf que, aujourd’hui, c’est Ducharme qui se retrouve avec les mains liées.

À la défense, il aura le loisir d’insérer Jon Merrill et Erik Gustafsson. Les deux arrières font partie de la formation des 22 joueurs et seront admissibles lorsque leur quarantaine sera terminée (lundi pour Merrill, mardi pour Gustafsson).

Une décision pour 14 matchs

Par contre, à l’attaque, ça devient plus corsé. S’il souhaite accueillir Cole Caufield, Ducharme doit être prêt à le garder dans la formation jusqu’à la fin de la saison. Une décision que l’état-major de l’équipe n’est manifestement pas prêt à prendre. Et ce, pour deux raisons. 

Primo, si on fait de la place à Caufield et qu’on se rend compte, après deux, trois ou quatre matchs, qu’il n’est pas prêt, il faudra quand même l’utiliser jusqu’à la fin du calendrier (à moins d’habiller 11 attaquants et 7 défenseurs, ce qui n’est pas une spécialité de la maison). 

Secondo, pour insérer un attaquant (Caufield, Evans ou Michael Frolik) dans la formation, il faut inévitablement en retrancher un. Pas certain que Ducharme soit prêt à se passer d’Eric Staal, d’Artturi Lehkonen, de Paul Byron, de Corey Perry ou même de Jonathan Drouin (que plusieurs partisans aimeraient voir dans les estrades) pour les 14 derniers matchs de la saison.

La seule issue possible, c’est qu’un attaquant se blesse. Dans pareil cas, une équipe peut rappeler un joueur par mesure d’urgence sans ce que ce rappel ne soit comptabilisé dans le quota de quatre. 

Et en série, il n’y a plus de limite qui tienne. Par conséquent, les équipes sont libres de procéder au nombre de mouvements de personnel qu’elles souhaitent. 

Conclusion : Même Houdini n’aurait pu se déprendre de ces liens. Et Alain Choquette n’aurait pas eu assez de tours dans ses jeux de cartes. 

Ce qui n’empêche pas Ducharme de modifier ses effectifs en supériorité numérique.