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Télétravail: la grande dispersion des fonctionnaires fédéraux

Ottawa veut séduire les jeunes talents avec des bureaux collaboratifs

Ottawa
Photo Guillaume St-Pierre Des commerces de la rue Sparks à Ottawa, comme le South Block Whiskey Bar, n’ont pas survécu à la crise économique et au télétravail forcé des fonctionnaires qui ont déserté le centre-ville.

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Des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux pourraient travailler dans leur propre quartier sans jamais venir à Ottawa grâce à l’ouverture de bureaux collaboratifs partout au pays après la pandémie.

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Six bureaux du genre ont déjà ouvert en Ontario dans le cadre d’un projet pilote de Services publics et Approvisionnement Canada entre juillet et décembre 2019. D’autres sont attendus au Québec, dans l’Atlantique et sur la côte Pacifique quand la situation sanitaire le permettra.

Ces bureaux nouveau genre sont des points de chute qui permettent aux fonctionnaires de différents ministères de venir travailler quelques heures, de rencontrer des collègues, ou d’imprimer des documents par exemple.

« C’est une très bonne nouvelle pour nos régions. Pourquoi quelqu’un qui habite à Matane ne pourrait-il pas solliciter un poste au gouvernement et demeurer à Matane ? Ça n’a plus aucun sens aujourd’hui », lance Yvon Barrière, le vice-président pour le Québec de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC).

La fonction publique fédérale est actuellement largement concentrée dans la capitale. Ce sont 40 % de tous les fonctionnaires fédéraux du pays qui y travaillent.

Mais ils ont massivement déserté le centre-ville pour travailler à la maison depuis le début de la crise sanitaire, sans que cela affecte la productivité de l’État, d’après le syndicat.

Argument de recrutement

« La technologie nous a appris que le travail à distance est non seulement possible, mais souvent efficace. Cela nous donne aussi une plus grande capacité d’embauche », indique le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos.

Exportation et développement Canada et Services publics Canada ont ainsi embauché un millier de travailleurs au cours de la crise. 

Ils n’ont jamais mis les pieds dans un bureau d’Ottawa ou de Gatineau, et n’auront probablement jamais à le faire puisque « la majorité réside ailleurs au pays », indique M. Barrière.

Bien que 80 % des syndiqués de l’AFPC ne veulent pas retourner au bureau à temps plein, ils réclament une formule de travail hybride qui leur permettra d’alterner entre la maison et le bureau.

La multiplication des espaces de travail partagé facilitera ce modèle et sera donc un point de négociation central pour la prochaine convention collective, affirme M. Barrière, qui y voit aussi une façon de « revaloriser les emplois dans la fonction publique ».

Attirer les jeunes

Dans la même veine, selon M. Duclos, délocaliser le personnel et offrir des milieux de travail flexibles est la clef pour recruter les jeunes talents.

C’est une préoccupation majeure au gouvernement à l’heure où le grand départ des baby-boomers promet de creuser un trou béant dans les effectifs fédéraux dont un quart a plus de 55 ans.

– Avec Guillaume St-Pierre

LA FONCTION PUBLIQUE FÉDÉRALE EN CHIFFRES

300 450 employés

  • dont 127 092 concentrés dans la région de la capitale
  • 55,2% de femmes
  • 44,7% d’hommes

42 millions de pieds carrés d’espace de travail

  • dont 38 millions à Ottawa et Gatineau
  • 40 % loués au secteur privé
  • 50 % des espaces commerciaux d’Ottawa sont occupés par l’État

Source : Gouvernement du Canada

Immobilier en transition

Espaces de bureaux vacants à Ottawa

  • 8,8% au Q4 2019
  • 10% au Q4 2020

Espaces de bureaux sous-loués à Ottawa

  • 5% au Q4 2019
  • 12,7% au Q4 2020

Source : Altus Group