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Une justice gnan gnan

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Comme vous l’avez lu hier sous la plume de mon confrère Michael Nguyen, un ancien haut fonctionnaire fédéral qui a abusé d’une fillette de neuf ans entre 1974 et 1976 a été condamné à 90 jours de prison à purger les fins de semaine.

Trois mois de prison pour avoir fait vivre l’enfer à une fillette pendant deux ans !

UN « BON » GARS !

Et pourquoi une sentence aussi clémente ?

Parce qu’après ses crimes, ce pédophile a fait du bénévolat auprès des femmes victimes de violence conjugale !

« Son travail était très difficile et a eu des répercussions importantes sur sa santé mentale et physique », a dit la juge.

Et les répercussions que ses gestes à lui ont eues sur la santé mentale et physique de sa jeune victime, on n’en tient pas compte ?

Cinquante ans plus tard, cette femme ne s’est pas encore remise des agressions qu’elle a subies, enfant. Cet homme a littéralement gâché sa vie !

Et comme punition, le gars va simplement passer 30 week-ends en prison ?

C’est scandaleux. 

On se fout des victimes, au Canada. Il n’y en a que pour les « pauvres » bourreaux.

LA BALANCE ET L’ÉPÉE

À quand des sentences qui reflètent la gravité des crimes commis ?

Ce n’est pas être « fasciste » que de vouloir punir sévèrement les agresseurs d’enfants et les batteurs de femmes. 

À ce que je sache, la statue qui représente la justice tient une balance dans ses mains, mais aussi un glaive. 

Il est où, le glaive de la justice au Canada ?

C’est bien beau, la réhabilitation, mais le système de justice doit aussi punir. Histoire de dire haut et fort que certains crimes, au Canada, sont considérés comme particulièrement odieux et répréhensibles par l’ensemble des citoyens. 

Quel message lance-t-on lorsqu’on donne des sentences bonbon aux agresseurs d’enfants et aux batteurs de femmes ?

Que ces crimes ne sont pas si graves. Moins graves que les fraudes, moins dommageables pour la société que les crimes économiques commis par des bandits à cravate.

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LANCER UN MESSAGE CLAIR

On me dira qu’aucune sentence, même la plus sévère, n’empêchera un pédophile d’agresser un enfant.  

Que si un monstre veut abuser d’un enfant, ou un homme tuer sa conjointe, malheureusement, il le fera, qu’il risque la prison à vie ou pas. 

Que ce n’est pas parce que notre système infligera des peines plus sévères aux auteurs de crimes graves contre la personne que le taux de criminalité baissera. Que même le retour de la peine de mort n’empêchera pas un agresseur d’agresser.  

Donc, on fait quoi ? On baisse les bras et on continue d’imposer des sentences bonbon à purger les fins de semaine aux violeurs d’enfants ?

Pourtant, l’an dernier, la Cour Suprême du Canada était claire : parce que la protection des enfants est considérée comme « l’une des valeurs fondamentales de la société canadienne », elle a statué que les peines en matière d’abus sexuel à l’égard d’enfants devront être beaucoup plus sévères. 

On devrait statuer la même chose pour ce qui est de la violence conjugale. 

La société doit prévenir, guérir et réhabiliter, mais aussi punir. 

Sans colère ni mollesse, mais avec rigueur.

Être juste, c’est aussi savoir se montrer implacable.