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Visages de notre histoire: Emmanuel-Persiller Lachapelle,

Visages de notre histoire: Emmanuel-Persiller Lachapelle,
Photo d'Archives de l’Université de Montréal, P0022/1fp, 02064.

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Un médecin montréalais 

Le nom d’Emmanuel-Persiller Lachapelle (1845-1918) résonne peu dans le quotidien des Montréalais, de nos jours. Pourtant, il s’agit d’un des pionniers de la médecine au Québec et on lui doit un grand nombre d’institutions dont le rôle est déterminant pour le développement de cette profession chez nous. Natif du Sault-au-Récollet, du côté nord de l’île de Montréal, il obtient son diplôme de médecine en 1869. À l’époque, les médecins exercent en cabinet privé et s’occupent aussi de patients hospitalisés. À Montréal, le docteur Lachapelle visite les francophones convalescents au nouvel Hôtel-Dieu, établi sur l’avenue des Pins dans le cadre plus champêtre du mont Royal, depuis 1860. Lachapelle et ses collègues fondent une association professionnelle, la Société médicale de Montréal, ainsi qu’une revue, L’union médicale du Canada, afin de partager des résultats de recherche et de réfléchir sur les problèmes et les enjeux de leur métier. La revue sera publiée jusqu’en 1996, soit pendant près de 125 ans ! 

Réalisations  

Philanthropie et réformes 

Visages de notre histoire: Emmanuel-Persiller Lachapelle,
Photo Bibliothèque et Archives nationales du Québec, E6,S8,SS1,SSS632,D2910.

En tant que médecin, Lachapelle fait partie de la petite bourgeoisie libérale. À cette époque, plusieurs personnes de la bourgeoisie s’investissent d’une mission : améliorer le sort des classes moins favorisées. Et il y a du travail. La population de la ville croît de manière exponentielle. Les dures conditions de travail, la mauvaise qualité de l’air, la mauvaise conservation des aliments et les logements souvent insalubres créent des conditions de vie difficiles pour les plus pauvres. Plusieurs épidémies surviennent et les médecins, dont Emmanuel-Persiller Lachapelle qui est très inspiré par le Français Louis Pasteur, pointent du doigt les conditions d’insalubrité. L’épidémie de variole de 1885 est la goutte qui fait déborder le vase. Lachapelle et ses collègues font pression pour fonder le Conseil d’hygiène de la province de Québec, en 1888. C’est une première instance moderne de gouvernance en matière de santé publique au Québec. Le Conseil crée une série de bureaux municipaux où, concrètement, on entreprend des actions pour améliorer le ramassage des ordures, contrôler la qualité du lait ou construire des bains publics. 

Héritage  

L’hôpital Notre-Dame 

Visages de notre histoire: Emmanuel-Persiller Lachapelle,
Photo d'Archives de Montréal, BM42,SY,SS1,P1038.

Toutes ces réalisations sont déjà remarquables, mais Lachapelle laisse un autre héritage important aux Montréalais : l’hôpital Notre-Dame. Lachapelle rêve depuis longtemps d’un hôpital neuf, qui rivaliserait avec les hôpitaux de la riche bourgeoisie anglophone et où les médecins canadiens-français pourraient se former. Il compte des appuis importants chez les hommes d’affaires francophones ainsi que dans la classe politique et dans le clergé. L’institution est créée en 1880 et trouve rapidement l’endroit idéal où loger ses patients : l’ancien hôtel Donegana, sur la rue Notre-Dame. Lachapelle y œuvrera toute sa vie, en tant que médecin et administrateur. En plus d’en faire un centre de formation, il souhaite que l’hôpital soit acteur de la prévention en santé publique et qu’il desserve particulièrement les populations francophones de l’est de la ville. L’hôpital s’installe finalement sur la rue Sherbrooke en 1924. Médecin, philanthrope et humaniste, Emmanuel-Persiller Lachapelle aura marqué durablement l’histoire de la médecine et de la santé publique au Québec.