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À quoi s’attendre dans le 1er budget de Chrystia Freeland

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En ce grand jour de premier budget fédéral depuis la réélection de Justin Trudeau, la ministre des Finances Chrystia Freeland devrait dévoiler un nouveau train de mesures pour soutenir les pans de l’économie qui continuent de tirer le diable par la queue.

Si tel est le cas, le déficit du nouvel exercice 2021-22 risque de dépasser assez largement les 121 milliards de dollars que la ministre Freeland avait déjà projetés lors de la mise à jour des finances fédérales, l’automne dernier. 

D’ailleurs, il est important de rappeler que la ministre avait mentionné en novembre dernier que le gouvernement Trudeau prévoyait investir de 70 à 100 milliards de dollars au cours des trois prochaines années en vue de stimuler l’économie.

Revenons sur la grave crise que la COVID-19 a générée au début de la pandémie.  

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:   

Massacre de l'emploi 

Sur les 2,9 millions d’emplois perdus au Canada lors des deux premiers mois de la pandémie de COVID-19, en mars et avril 2020, il reste encore 482 900 emplois à récupérer dans le secteur privé, soit 323 900 dans les entreprises et 159 000 chez les travailleurs autonomes. 

Le marché canadien de l’emploi dans le secteur privé reste d’autant plus critique qu’au cours de la période allant de la mi-janvier à la mi-février, il y avait encore 990 350 employés qui bénéficiaient de la subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) offerte par le gouvernement Trudeau aux entreprises acceptant de garder leurs employés à l’emploi au lieu de les mettre à pied.

Malgré la SSUC, il y a actuellement un peu plus de 1,5 million de Canadiens qui sont au chômage, soit 382 900 de plus qu’en février 2020, juste avant le déclenchement de la pandémie de la COVID-19.

Chez les grands « éclopés » de la pandémie de COVID-19, je pense, entre autres, au sous-secteur de l’hébergement et de la restauration ; à celui de l’information, de la culture et des loisirs ; à celui du transport et de l’entreposage ; à celui des services aux entreprises (bâtiments, soutien, etc.) ; à plusieurs commerces de détail ainsi qu’à une panoplie d’entreprises de services. 

Fait important à souligner : pour sa part, le secteur public pancanadien (incluant le fédéral, les provinces, les municipalités, les sociétés d’État) affiche une création nette de 134 000 emplois supplémentaires depuis le début de la pandémie du coronavirus. 

C’est dans ce genre de période extrêmement difficile sur le plan des finances personnelles que la sécurité d’emploi dans le secteur public vaut son pesant d’or !

Un budget préélectoral ? 

Tout d’abord, je vous rappelle que le nouvel exercice financier 2021-22 s’inscrit dans une période préélectorale. Cela laisse présager que le gouvernement Trudeau n’imposera aucune hausse d’impôt, même envers les « riches » contribuables.

Justin Trudeau devrait se montrer davantage généreux envers les familles et les personnes âgées. Politiquement parlant, c’est généralement « rentable » lorsque des élections sont imminentes.

Au nombre des mesures que la ministre Freeland pourrait annoncer dans son nouveau budget, parions qu’elle va reconduire la plupart des programmes de soutien financier aux travailleurs et entreprises victimes de la COVID-19.

Je fais évidemment référence à la Subvention salariale d’urgence, aux diverses prestations de relance économique (incluant proches aidants et malades), à la bonification de l’assurance-emploi, etc.

L’implantation d’un nouveau programme fédéral-provincial de « revenu de base garanti » pour contrer la pauvreté au pays pourrait être lancé.

Afin d’arrondir davantage les fins de mois du fédéral, le gouvernement Trudeau devrait annoncer l’entrée en vigueur de son plan de taxation des sociétés internationales nous fournissant des services numériques au pays.

Des mesures fiscales liées aux changements climatiques pourraient voir le jour.

La firme comptable KPMG mentionne, à titre d’exemple, l’introduction d’une réduction de moitié de l’impôt des entreprises qui développent des technologies ou fabriquent des produits à zéro émission.

Autre mesure originale : l’instauration d’incitatifs fiscaux temporaires pour l’investissement dans les émissions d’obligations vertes, comme un crédit d’impôt et une exemption d’impôt sur les revenus d’intérêt tirés des obligations vertes.