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Consentement éclairé pour l’AstraZeneca

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Photo AFP

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Le vaccin AstraZeneca est peut-être celui qui est le moins populaire en ce moment pour combattre la COVID-19, mais il y a quand même de nombreux Québécois de moins de 55 ans qui seraient très fiers et rassurés de le recevoir plutôt que de devoir attendre encore deux mois avant d’être vaccinés. Bien sûr, il y a des risques de faire une thrombose, mais si la balance bénéfice-inconvénient est positive, pourquoi ne pas faire confiance au jugement de la population ?

La transparence

En temps normal, si vous allez voir votre médecin et qu’il vous prescrit un nouveau médicament, il va évidemment vous faire part des risques possibles, mais aussi des risques de ne rien prendre. C’est ce qu’on appelle le consentement éclairé.

Par exemple, pour des pilules contraceptives, le risque de faire une thrombose est 100 fois plus élevé que si vous vous faites vacciner avec l’AstraZeneca. Pourtant, les anovulants demeurent très populaires chez les femmes, et on continue de les offrir.

Pour permettre ce consentement éclairé, Santé Canada a mis à jour cette semaine les mises en garde sur l’étiquette du vaccin d’AstraZeneca. Ça permet de nous informer sur les effets secondaires possibles, de fournir de l’information sur les signes et les symptômes et quand consulter après la vaccination.

Aussi, depuis que la Santé publique a décidé de poursuivre la vaccination avec l’AstraZeneca chez les 55 ans et plus, les gens sont au courant du vaccin qu’ils vont recevoir et ils sont libres de l’accepter ou d’attendre.

Malgré les risques connus, au début du sans rendez-vous, la clientèle cible s’est littéralement ruée au petit matin pour faire la file afin de recevoir le précieux sérum.

L’offrir aux 40 ans et plus

L’engouement s’est maintenant essoufflé, mais je demeure persuadée que si on diminue l’âge à 40 ans, comme ce sera le cas en Ontario dès mardi, nous allons revivre le même engouement au sein de la nouvelle clientèle cible.

Il ne faut pas oublier que si on attrape la COVID-19, nous avons 8 à 10 fois plus de risques de faire une thrombose majeure qu’après avoir reçu le vaccin, qui, en plus, nous protège du fameux virus.

Évidemment, je ne suis pas une spécialiste en santé publique, mais quand je regarde le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe après une gestion chaotique de la pandémie, il a quand même réussi à s’en sortir grâce à l’AstraZeneca qui a été administré à la majorité de la population adulte.

Là-bas, l’Angleterre a rouvert ses commerces après 4 mois de fermeture et on continue de recommander l’AZ aux personnes de 30 ans et plus. Le temps presse, c’est la course contre la montre, la Santé publique devrait prendre une décision rapidement.

Nous sommes entourés de risques pour lesquels nous devons faire des choix. Faire du vélo, prendre l’avion, avoir un bébé, etc. On accepte les risques en se disant que les avantages ou les bénéfices qu’on en retire sont beaucoup plus grands.

Le même principe devrait s’appliquer au vaccin, d’autant plus qu’il n’implique pas que la personne qui le prend, mais également sa famille et son milieu.

Chaque adulte concerné pourrait juger s’il est plus à l’aise de vivre avec les risques d’attraper et de propager la COVID-19 que de prendre l’AstraZeneca, pour être vacciné le plus vite possible.