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Féminicides: des facteurs de risque qui ne mentent pas

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Avec le meurtre de Dyann Serafica-Donaire — le dixième féminicide enregistré cette année au Québec en dix semaines seulement —, c’est un autre cas qui passe sous le radar, selon un intervenant spécialisé auprès d’hommes en détresse. 

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Pourtant, des signaux d’alarme et des facteurs de risque peuvent être décelés, et s’ils sont pris en charge, le pire peut être évité. 

C’est ce qu’a expliqué en entrevue au Québec matin Mario Trépanier, coordonnateur de l’organisme Via l’Anse, à Salaberry-de-Valleyfield, et membre du réseau À Cœur d’homme. 

«On a travaillé depuis plus de 10 ans avec les milieux de recherche, et on connaît les facteurs de risque. Ce sont toujours les mêmes!», lance M. Trépanier.

«Un conjoint qui refuse la séparation [dans 90% des cas, ce sont des hommes], qui devient harcelant, qui va faire des menaces d’atteinte à la sécurité des proches, des menaces de suicide. Des gestes de violence, agression sexuelle, agression physique, agression verbale, violence psychologique. Un conjoint qui refuse la séparation et qui devient harcelant, qui n’arrête pas, qui ne lâche pas prise, c’est le premier facteur à regarder», détaille l’expert, qui intervient auprès d’hommes en détresse aux prises avec de la violence.

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Également: l’instinct de la victime est également un indice important sur la gravité de la situation.  

«L’inquiétude de la victime. L’intuition est un facteur majeur. La victime est inquiète pour sa sécurité. Elle a le droit à la sécurité, c’est un droit garanti. Demandez de l’aide. Il y a une centaine de maisons d’hébergement au Québec, et même plus», insiste l’expert. 

Les proches doivent intervenir

Les proches aussi devraient s’impliquer lorsqu’une situation semble déraper, et ils ont le droit de contacter de leur côté les ressources d’aide. 

«Si vous avez des gens dans votre entourage qui vivent une séparation, avec un conjoint qui le refuse, qu’il y a du harcèlement, de la violence conjugale, une dépression du conjoint, des idées suicidaires, ne les abandonnez pas! Resserrez les liens, resserrez les filets. Si vous ne savez pas quoi faire, appelez SOS violence conjugale», réitère Mario Trépanier.

L’intervenant qui œuvre auprès d’hommes en détresse depuis de longues années lance un dernier message à ceux qui vivent une rupture difficile et qui ont beaucoup de mal à l’accepter. 

Ne devenez pas un criminel!

«Ils sont dans la rage! Nous, ce qu’on dit, c’est qu’ils ont le droit d’être enragés, pas de problème! Vous avez le droit d’être terrorisés à l’idée de la rupture qui s’en vient, de tout ce que vous allez perdre. Vous avez le droit d’avoir de la peine, d’être démolis, pas de problème! Vous avez le droit d’avoir honte de ce qui vous arrive, mais les gens ont le droit de nous quitter sans subir de pression, de violence, de harcèlement. C’est le message qu’on envoie à ces hommes, et c’est ainsi qu’on les accompagne. Ne terminez pas votre vie comme un criminel, un assassin, ça n’a pas de bon sens!», conclut-il.

Si vous avez besoin d'aide   

Pour joindre l’organisme À cœur d’homme  

  • Téléphone: 418 660-7799, sans frais 1 877 660-7799   
  • Acoeurdhomme.com   

SOS violence conjugale au 1 800 363-9010   

Ligne québécoise de prévention du suicide   

Jeunesse, J’écoute   

Tel-jeunes   

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