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Ont-ils le Canadien à cœur?

Sénateurs vs Canadiens
Photo Martin Chevalier Les sourires sont rares chez le Canadien depuis quelques semaines.

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Lorsque Dominique Ducharme a succédé à Claude Julien, Marc Bergevin a expliqué qu’il voulait amener une nouvelle voix dans le vestiaire. Moins de deux mois plus tard, rien n’a changé. Les joueurs font la sourde oreille.

Que cette équipe ne forme pas la puissance que l’on semblait voir en elle, c’est une chose. Rares sont d’ailleurs les personnes qui lui ont prédit la coupe Stanley cette année. Quant à celles qui la croyaient capable de grandes réalisations, elles doivent être drôlement déçues.

Oui, les performances de l’équipe étaient encourageantes au début de la saison. Les nouveaux venus Jake Allen, Josh Anderson, Joel Edmundson et Tyler Toffoli apportaient la contribution que l’on attendait d’eux et ils le font encore.

Corey Perry faisait des prodiges jusqu’à tout récemment et c’est à espérer qu’il retrouve un dernier regain d’énergie.

Ces cinq joueurs jouent comme s’ils ont à cœur la cause de leur équipe.

Où sont les autres ?

Mais que font les autres, mis à part Brendan Gallagher, qui est blessé ?

Le Canadien a été affreux à ses trois derniers matchs. Sa victoire contre les Flames, vendredi dernier, est le fruit de la performance d’Allen devant le filet.

Aussi, quand une équipe joue sans intensité, comme ce fut le cas lors de ces trois rencontres, les regards se tournent vers l’entraîneur.

Peut-on blâmer Ducharme ?

Non.

C’est aux joueurs d’y voir.

Posons-nous la question suivante à leur place : veulent-ils jouer pour le Canadien ?

À les voir, on a la désagréable impression qu’ils s’en fichent éperdument. Sinon, ils n’auraient pas abandonné Ducharme comme ils l’ont fait bêtement contre les Flames et les Sénateurs. Ils sont chanceux que le Centre Bell était désert.

La fierté des Sénateurs

On s’entend pour dire que les Sénateurs leur sont inférieurs. Leur sort était décidé avant que la saison ne commence. Mais ils ne jouent pas les bras croisés. Ils ont de l’entrain, ils ont de l’orgueil.

Ils ont dans leurs rangs un joueur qui donnerait un fier coup de main en l’absence de Gallagher. Il s’agit, bien sûr, de Brady Tkachuk.

Quand Gallagher n’est pas de la formation, c’est comme si le Tricolore n’avait ni cœur ni âme. Mais ce n’est quand même pas normal qu’il y ait si peu de joueurs dans la formation pour tirer l’équipe.

Anderson et Toffoli sont les seuls attaquants qui vont au filet.

Décourageant de voir Drouin

Je le dis à regret, mais Jonathan Drouin est carrément décevant. 

J’ai applaudi lorsque Bergevin a fait son acquisition, quoique j’estimais que le DG avait payé un bon prix en cédant Mikhail Sergachev au Lightning. On n’échange pas un défenseur de 18 ans qui a été repêché dans le top 10. 

J’ai encore en mémoire ce que Philippe Myre et le regretté Dale Hawerchuk m’avaient dit au sujet de Sergachev le soir où le Tricolore l’avait repêché à Buffalo, en 2016.

Myre, qui habite à Detroit, où il a longtemps travaillé pour les Red Wings, avait la chance de voir jouer Sergachev régulièrement à Windsor. Il le voyait comme le successeur d’Andrei Markov.

Hawerchuk, qui dirigeait les Colts de Barrie de la Ligue de l’Ontario, s’était dit convaincu que Sergachev connaîtrait une belle carrière dans la LNH.

Depuis qu’il joue à Montréal, Drouin nous a mis l’eau à la bouche en nous montrant de beaux flashes. 

Mais il n’est pas capable de maintenir la cadence. On ne le voit pas quand il n’a pas la rondelle. Il joue en périphérie de l’action. Il ne s’implique pas.

Un gros mirage

Aujourd’hui, on peut dire que la performance du Canadien au tournoi de la Coupe Stanley qui s’est tenu l’été dernier était un mirage.

Carey Price et Shea Weber devaient être les deux piliers autour desquels Bergevin a procédé à la réinitialisation de son équipe. Or, on voit bien qu’ils n’ont plus les ressources pour mener le Tricolore à la terre promise.

Price, qui avait joué comme un dieu, se cherche. On aimerait le voir plus agressif dans le feu de l’action.

On s’interroge sur l’état de santé de Weber, mais le fait demeure qu’il a perdu son côté abrasif. 

Jesperi Kotkaniemi et Nick Suzuki ont l’excuse d’être jeunes, mais n’empêche qu’ils n’en font pas assez.

Eric Staal n’a plus beaucoup d’essence dans le réservoir. Mais on peut se demander s’il a la tête au hockey, lui qui n’a pas vu sa femme et ses enfants en chair et en os depuis Noël.

Quel avenir pour Ducharme ?

Mais le gars le plus à plaindre dans ce sombre portrait est Ducharme. Comme Alain Vigneault, Michel Therrien et Claude Julien avant lui, diriger le Canadien était peut-être sa seule chance d’entrer dans la Ligue nationale.

Pour ce fils de Joliette, c’était l’aboutissement d’un rêve longuement souhaité. Mais voilà qu’il joue gros. 

Si le Canadien se plante, il risque de tomber en pleine face lui aussi.

Et ce serait dommage pour cet homme pour qui le CH représente encore quelque chose et qui veut contribuer à rehausser son image.