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Une «tâche colossale» de financement pour Coderre

Le parti de sa principale adversaire Valérie Plante est en avance à ce chapitre

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Photo Agence QMI, Joêl Lemay

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Avec une dette de plus de 400 000 dollars, Denis Coderre et son parti feront face à un important défi de financement en vue des élections municipales d’automne, selon des experts consultés par Le Journal. 

« C’est une tâche assez colossale que les gens d’Ensemble Montréal ont devant eux », analyse le directeur du Groupe de recherche en communication politique de l’Université Laval, Thierry Giasson

Les états financiers d’Ensemble Montréal montrent que le parti est endetté de 424 387 $, dette constituée de 296 887 $ en emprunt et 127 500 $ en marge de crédit. Son principal adversaire, Projet Montréal, a quant à lui 567 000 $ dans ses coffres. 

Non seulement il est inhabituel pour une formation politique d’être endettée à cinq mois d’une campagne électorale, mais l’écart de près d’un million de dollars entre les deux partis sera difficile à combler, selon M. Giasson. 

« Juste de se rendre à 500 000 $, c’est un très gros objectif de financement pour un parti municipal. Ils ont un très gros exercice de collecte de fonds à faire, mais ce n’est pas impossible. »

Cette dette d’Ensemble Montréal s’est accumulée en l’absence de Denis Coderre, et son retour pourrait changer la donne, pense M. Giasson. 

« C’est quelqu’un qui va être capable de mobiliser du financement. Ils ont toute une structure qui existe et ils ont leurs réseaux qu’ils vont pouvoir mobiliser. »

Mobilisation

Pour la professeure de l’UQAM spécialisée en politique municipale Danielle Pilette, Denis Coderre pourrait viser certains secteurs de l’économie pour y trouver des donateurs. 

« Il a parlé de bâtir avec de la densité. Ceux qui sont dans l’immobilier par exemple, c’est un grand pan de l’économie des métropoles et ça fait quand même beaucoup d’individus qui travaillent dans ce secteur-là. »

Cependant, l’équipe de Denis Coderre sera désavantagée par le peu de militantisme qui existe au sein du parti en comparaison avec son adversaire, souligne Mme Pilette. 

« Projet Montréal avait beaucoup moins d’argent aux dernières élections, mais ils compensaient ça par la mobilisation des militants. »

De son côté, le professeur spécialisé en finances publiques locales à l’Institut national de la recherche scientifique Pierre J. Hamel, est plutôt pessimiste. « La dette, c’est un boulet pour Ensemble Montréal, pense-t-il. Ça va les empêcher de penser à des dépenses hors de l’ordinaire. Les locaux électoraux, un par arrondissement, les affiches, ça monte vite, à coups de 100 000 $. Leur marge de manœuvre est inexistante. »

« Pas un enjeu »

Le directeur général d’Ensemble Montréal, Sébastien Lachaine, assure que la dette ne sera « pas un enjeu » pour la campagne à venir. « On a un plan financier pour nous amener là et pour gagner la prochaine élection. C’est très gérable pour nous. »

Du côté de Projet Montréal, on se réjouit de pouvoir compter sur un coussin. « On va passer moins de temps à boucler le financement de la campagne. Ça nous place dans une situation où on peut beaucoup mieux planifier la campagne à venir et surtout s’assurer de pouvoir supporter l’ensemble de nos candidats et être forts sur l’ensemble de l’île, ce qui n’était pas le cas en 2017 », fait valoir le président du parti, Guedwig Bernier. 

Comment financer un parti politique? 

  • Au Québec, seuls les électeurs peuvent faire un don à un parti politique. Il est interdit à toute personne morale, soit les entreprises, les associations ou les syndicats de faire une contribution, sous peine d’amendes pouvant aller jusqu’à 50 000 $. 
  • Les contributions de chaque électeur dans un parti politique ne doivent pas dépasser 100 $ par année. 
  • Ce faisant, les partis se concentrent à solliciter le plus d’électeurs possible, et non ceux avec le plus de moyens. 
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