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Drouin doit «se salir le nez»

L’attaquant, qui se retrouve sur le quatrième trio, s’est adonné à sa séance d’autoflagellation hebdomadaire

Drouin doit «se salir le nez»
Photo Martin Chevalier

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Les partisans ont beau reprocher à Jonathan Drouin d’être à l’origine des 10 plaies d’Égypte, ils ne pourront pas le blâmer de ne pas braver la tempête.

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Pour la troisième fois en autant de semaines, l’attaquant québécois (l’un des deux seuls de la formation) s’est adonné à une séance d’autoflagellation en règle. 

Contrairement au capitaine qui refuse d’admettre qu’il en perd, Drouin a reconnu qu’il devait en faire plus pour aider le Canadien, dont l’attaque en arrache depuis une dizaine de matchs.

« Il faut qu’on se salisse le nez et qu’on crée de la circulation. C’est aussi à moi de trouver une place en avant du filet », a-t-il lancé, faisant ainsi écho à ce que ses détracteurs lui reprochent, non sans raison.

« Ce n’est pas quelque chose de facile à faire. Jouer dans la LNH, ce n’est pas facile. On s’est rendus ici, alors on le sait. L’adversaire te rend la vie difficile. Mais il faut se battre, passer au travers. Pour moi, ça veut dire de se salir le nez. »

Ils sont également plusieurs à croire que Drouin obtient constamment l’absolution inconditionnelle de Dominique Ducharme en raison de services rendus, alors que le premier évoluait sous les ordres du deuxième dans les rangs juniors, avec les Mooseheads de Halifax.

En apparence, c’est le cas. Surtout quand on le sent critiquer timidement son jeu, préférant englober ses carences dans celles de l’équipe.

« Se présenter au filet, c’est quelque chose que Jo doit faire plus souvent », a-t-il reconnu, avant de poursuivre.

« Mais j’ai des séquences en tête où il a eu des occasions près du gardien, mais ça n’a pas fonctionné. Soit que la rondelle n’est pas venue, que le bond est sorti du mauvais côté. Mais il faut se donner plus de chances à cet endroit. C’est bon pour lui, c’est bon pour d’autres. » 

Avec Staal et Perry

Toutefois, peut-être devrait-on plutôt y voir un refus de l’entraîneur d’en ajouter une couche sachant qu’ils sont déjà plusieurs à s’acharner sur le cas de son attaquant. S’il ne l’aide pas à s’en sortir, qui le fera ?

Néanmoins, Ducharme a pris la décision de rétrograder Drouin sur la quatrième unité, à la gauche d’Eric Staal et de Corey Perry. 

« Il va jouer avec deux gars d’expérience qui sont capables de créer beaucoup d’attaque. On cherche une façon d’avoir quatre trios qui ont des affinités », a expliqué l’entraîneur-chef du Canadien.

Des choses à prouver

Évidemment, Ducharme souhaite relancer Drouin qui n’a récolté que deux mentions d’assistance à ses 12 derniers matchs. Ce qui n’empêche pas le principal intéressé de comprendre que se sortir de la misère commence par l’engagement de soi-même.

« Ce sont deux joueurs avec de l’expérience. Deux gars qui ont gagné la coupe Stanley. Peu importe le trio sur lequel je suis, c’est à moi de jouer au hockey. Je n’ai plus 19 ou 20 ans, je suis capable de jouer avec n’importe qui. C’est à moi de le prouver. »

Drouin a dégringolé sur la quatrième unité, ce qui ne l’empêche pas de détenir toujours un poste sur l’une des deux vagues de l’avantage numérique. Cette attaque massive n’a inscrit que deux buts en 33 occasions (6 %) à ses 12 derniers duels.

« On a de la misère à entrer en zone adverse, à y rester et à garder le contrôle de la rondelle. En supériorité numérique, ce que tu veux, c’est, au moins, créer quelque chose de bon pour l’équipe. Présentement, l’attaque massive vient parfois gâcher ce qu’on fait à cinq contre cinq. »

Ce qui n’est rien pour aider la production. 

Drouin n’a inscrit que deux buts depuis le début de la saison, ce qu’il n’a pas été en mesure de faire lors des 25 plus récents matchs. Bien sûr, c’est nettement insuffisant pour un attaquant de qui on attendait, au minimum, une vingtaine de buts.

« Une autre colonne à droite »

Malgré ses problèmes à trouver le fond du filet, il occupe le cinquième rang des pointeurs du Canadien avec une récolte de 23 points. Ce qui lui a fait dire à un collègue anglophone, qui lui faisait remarquer sa sécheresse de 25 matchs : « Il y a une autre colonne à droite [celle des passes], si tu veux y jeter un coup d’œil. »

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