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L’argent des garderies servira à rembourser la dette du Québec

Malgré le manque de places, Legault mettra des milliards du fédéral sur le déficit

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Les 6 milliards en 5 ans que le gouvernement fédéral versera au Québec en compensation du programme national de garderie serviront en partie à éponger le déficit, malgré la pénurie de places dans les réseaux de garde.

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« On sait qu’on a un réseau à compléter, mais il reste qu’on peut dire que dans le 6 milliards [de déficit structurel], il y a une partie du 680 M$ cette année, et du 1,8 milliard en 2025, qui peut nous aider à régler une partie, une petite partie de notre problème financier », a dit le premier ministre en point de presse mardi.  

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Dans son budget, Ottawa a annoncé la création d’un programme national de services de garde calqué sur le réseau des centres de la petite enfance du Québec. 

Le gouvernement Legault estime donc qu’il peut récupérer sa part du magot « sans condition ». 

Le premier ministre Justin Trudeau a été moins clair. 

« Nous reconnaissons que même avec tout le travail et l’investissement que le Québec a faits dans les garderies, ils peuvent toujours utiliser plus de ressources pour aider les familles », a-t-il dit.

50 000 familles attendent

Il faut dire que même si le Québec fait l’envie de ses voisins avec ses CPE, il vit toutefois une importante pénurie de places : près de 50 000 familles attendent pour obtenir une place subventionnée.

Le libéral Marc Tanguay reproche d’ailleurs le choix budgétaire du gouvernement Legault. 

« Ce qu’a dit le ministre des Finances, c’est qu’une partie de cet argent servira aux places en service de garde. L’argent supplémentaire va aider le cadre financier. C’est inacceptable pour les familles du Québec qui sont en crise. Les milliards annoncés par Ottawa, c’est l’argent des familles, et elles en ont besoin maintenant plus que jamais. Pourquoi le premier ministre abandonne-t-il les familles ? », a-t‐il lancé en chambre.

C’est Québec qui décide

François Legault n’a pas apprécié la pique. Il a rappelé qu’Ottawa a refusé de verser plus d’argent en transfert en santé, comme le demandaient les provinces, et a plutôt investi dans les services de garde. 

« Est-ce que je peux vous dire que c’est le gouvernement du Québec qui va choisir les priorités du Québec ? On ne fera pas comme le Parti libéral du Québec, de se mettre à genoux devant son grand frère libéral à Ottawa, qui déciderait à leur place des priorités du Québec », a-t-il lancé. 

M. Legault a d’ailleurs accusé Justin Trudeau­­­ de paternalisme envers les provinces, et a déploré qu’encore une fois, Ottawa vienne empiéter sur les compétences des provinces. 

« On va continuer de dénoncer cette habitude, cette mauvaise habitude de Justin Trudeau de vouloir centraliser, de jouer au papa avec les provinces », a-t-il dit. 

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