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Le capitaine Weber silencieux sur ses performances

Le défenseur a raté une opportunité d’admettre qu’il ne joue pas à la hauteur de son talent ni des attentes

Jets vs Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier À 35 ans, les meilleures saisons de Shea Weber semblent être derrière lui.

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Shea Weber a une personnalité qui cadre bien avec celle de Carey Price. Dans la victoire comme dans la défaite, Weber raffole rarement de parler de lui. Même s’il porte le « C » sur son chandail depuis la saison 2018-2019, Weber n’est pas un maître pour ses responsabilités médiatiques. 

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Marc Bergevin lui a confié le titre de capitaine après le départ de Max Pacioretty pour Vegas pour ses talents de meneur. Le directeur général du Canadien l’a toujours décrit comme un joueur rassembleur, comme un leader qui n’a pas nécessairement besoin de parler pour lancer son message dans un vestiaire. 

L’« homme montagne », comme l’avait surnommé l’entraîneur Mike Babcock, montre le chemin à suivre avec son intensité et son engagement sur la patinoire.

On ne fera pas le procès du choix du capitaine. Ça ne sert à rien. Weber n’a pas perdu ses qualités du jour au lendemain. Mais depuis plusieurs semaines, le numéro 6 n’est pas l’ombre de lui-même et il est loin de la qualité du jeu qu’il avait offert dans la bulle à Toronto contre les Penguins de Pittsburgh et les Flyers de Philadelphie lors des dernières séries. 

Le défenseur a déjà dit qu’il était en santé. Historiquement, il a toutefois déjà caché bien des blessures avant de finalement se résoudre à visiter l’infirmerie. L’hypothèse d’une blessure n’expliquerait donc pas pour le moment sa baisse de régime. 

Un jeu d’équipe

À la veille d’un deuxième match contre Connor McDavid et les Oilers d’Edmonton, Weber a refusé d’évaluer son rendement. 

« Il n’y a pas lieu de parler de mon jeu, a-t-il répliqué mardi. C’est un sport d’équipe. N’est-ce pas ? »

Weber avait l’occasion d’admettre qu’il ne jouait pas à la hauteur de son talent ou des attentes. Il avait aussi la possibilité de prendre une partie du blâme pour les insuccès de l’équipe. Mais il a choisi une autre avenue, celle de ramener ça au concept d’équipe. 

À sa défense, quand il termine un match avec un but, cinq mises en échec et un temps de jeu supérieur à 25 minutes dans un gain de 5 à 2, il aime mieux décrire l’impact de ses coéquipiers sur la victoire que son propre impact. 

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Photo Martin Chevalier

Des éléments positifs

Dans une longue conférence de presse, Dominique Ducharme a parlé du rendement de Weber. On lui a rappelé les propos de son capitaine, qui aimait mieux ne pas parler de lui puisque le hockey restera toujours un sport d’équipe. 

« C’est un jeu d’équipe », a lancé Ducharme avec un sourire en coin. 

Après un court moment pour réfléchir, l’entraîneur a poursuivi sa réponse. 

« Shea a changé de partenaire. On traverse de l’adversité. Il fait tellement de choses qui sont positives. On peut s’attarder à quelques jeux, mais en général, on veut que tous nos joueurs soient à leur plein potentiel. On se concentre là-dessus d’ici la fin de la saison, que tout le monde monte son jeu, on doit jouer du hockey des séries. On est à ce temps de l’année où les matchs sont importants, ils sont cruciaux. »

Weber a maintenant renoué avec Ben Chiarot depuis trois matchs. De retour au jeu après une fracture à la main droite, Chiarot devait aider à la relance du vétéran de 35 ans. Mais à court terme, on n’a pas encore vu les résultats.  

Peu de tirs

Sur le plan offensif, Weber est aussi très discret avec une seule passe à ses neuf derniers matchs, et aucun but à ses 18 plus récentes sorties. Il n’utilise pas autant son arme principale, son puissant tir de la pointe. 

Questionné sur sa difficulté à décocher des tirs, il a offert de très courtes réponses. 

– As-tu autant d’occasions qu’en début de saison ? 

« Non, pas vraiment. »

– As-tu une explication pour ça ? 

« Non. »

À ses neuf dernières parties, Weber a obtenu 14 lancers, pour une moyenne de 1,55 tir par rencontre. Pour les 34 premiers matchs de l’année, il avait dirigé 78 rondelles sur le filet adverse pour une moyenne de 2,29 tirs par duel. 

Ducharme, lui, avait une analyse un peu plus longue à ce sujet. 

« Quand il est dans une situation pour lancer, les équipes le voient venir, elles vont le couvrir et elles vont tricher sur un jeu qui s’en va vers lui. Mais ça fait partie de ce qu’on veut créer offensivement, avec du trafic, mais aussi avec des joueurs qui arrivent sur le poteau opposé, qui sont dans l’enclave avec des bâtons à terre. »

Pour Weber, la réponse pour une plus grande production offensive réside aussi dans un désir de foncer au filet. 

« Nous devons rentrer dans les endroits difficiles, nous salir le nez, a-t-il expliqué. Le gars qui se salit le nez le plus [Brendan Gallagher] est blessé. On s’ennuie de lui. Ça prend du courage. Mais d’autres joueurs devront se lever et le faire. C’est là que les buts se marquent à ce temps-ci de l’année, près du filet adverse. On n’a pas besoin de marquer de beaux buts. » 

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