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Des citoyens exaspérés par les travaux qui n’en finissent plus dans Griffintown

Jean-François Camiré
Photo Pierre-Paul Poulin Jean-François Camiré habite le quartier Griffintown depuis six ans, mais il compte le quitter à cause des travaux.

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Les nombreux travaux qui s’éternisent dans le secteur Griffintown, dont ceux du Réseau express métropolitain (REM), poussent des résidents à bout à déserter ce chic quartier du centre-ville de Montréal.

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« C’est le bordel ! Ça fait six ans que j’habite ici et je n’ai toujours pas accès à ma place de stationnement », lance d’emblée Jean-François Camiré, qui songe sérieusement à déménager d’ici les prochains mois.

Il regarde surtout pour acheter dans Verdun, mais le Montréalais est tellement excédé qu’il s’accommoderait de n’importe quel condo en ville pour entendre le chant des oiseaux plutôt que celui des marteaux-piqueurs. 

« Il y a des matins où je me fais réveiller à 6 h 10 par des camions qui claquent, par des matériaux qui tombent », énumère celui qui habite au 17e étage d’une tour près des rues Peel et Wellington.

À quelques coins de rue de là, Jérôme Côté partage la même exaspération.

« Toutes les rues sont fermées ou sont monopolisées par les camions de construction. Quand je reviens du travail, ça prend 25 minutes juste pour sortir des quatre rues autour de chez moi », tonne le jeune professionnel, qui a aménagé dans Griffintown en 2012. 

À l’époque, le secteur était en plein développement et M. Côté tolérait donc les innombrables chantiers. Il prévoyait cependant que ces désagréments ne s’étaleraient que sur quelques années, et non sur une décennie. 

« Tous mes amis sont partis, car ils n’en pouvaient plus. Mais moi, j’ai trop d’orgueil pour avoir enduré tout ça pour rien. Je veux pouvoir m’asseoir sur ma galerie et voir le parc Mary-Griffin avant de vendre », insiste Jérôme Côté. 

Les soirs et week-ends aussi

Malheureusement pour lui, ce parc est loin d’être devenu l’espace vert que l’on promet depuis des années aux gens du quartier. 

Le site est présentement occupé pour la construction du Réseau express métropolitain (REM), assurément l’un des chantiers les plus dérangeants dans le secteur, comme certaines phases du projet doivent être réalisées les nuits et les fins de semaine. 

« On n’a pas le choix, comme on travaille sur les rails du CN », répond Emmanuelle Rouillard-Moreau, porte-parole du futur réseau de transport collectif, dont la station Griffintown–Bernard-Landry ne devrait être en service qu’à la fin 2023.

Effet pandémie

La Ville de Montréal est aussi pointée du doigt pour sa mauvaise coordination des chantiers résidentiels, et ce, même si le cabinet de la mairesse Plante impute le capharnaüm dans le quartier aux « décisions illogiques prises par l’administration [de Gérald Tremblay] ». 

« Je connais le règlement et j’ai appelé plusieurs fois pour des travaux qui commençaient avant 7 h, mais la Ville ne fait rien », se désole Jean-François Camiré, qui constate que plusieurs copropriétés de son immeuble ont été mises en vente depuis le début de la pandémie. 

« Avant la COVID, c’était vivable. Les gens étaient au travail pendant le jour, mais maintenant, ils entendent le bruit toute la journée », remarque le courtier immobilier Behrooz Davani.


Des chiffres publiés en novembre par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) laissaient d’ailleurs entendre que Griffintown est de loin le quartier montréalais le plus touché par le phénomène de l’exode urbain depuis le début de la pandémie.

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