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La laïcité selon le portefeuille

La laïcité selon le portefeuille
Photo Stevens LeBlanc

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À la suite du jugement rendu par la Cour supérieure relativement à la Loi sur la laïcité de l’État, le gouvernement a annoncé qu’il portera en appel la décision qui exempte les commissions scolaires anglophones. Une décision illogique aux yeux du premier ministre François Legault: «Je suis déçu du jugement. Je le trouve illogique. Actuellement, c'est comme si la laïcité puis les valeurs, ça s'appliquait de façon différente aux anglophones qu'aux francophones.»

Ah? Parlant d'illogisme, vous pouvez m'expliquer pourquoi le gouvernement a décidé d'exclure les écoles privées grassement subventionnées par nos dollars? C'est comme si la laïcité puis les valeurs, ça s'appliquait de façon différente selon notre portefeuille.

Toujours selon le premier ministre, «au Québec, on protège les droits des anglophones à recevoir des services en anglais, et là c’est rendu que ça viendrait protéger des valeurs différentes entre les francophones et les anglophones».

Ah? Pourquoi vouloir débattre du fait qu’un jugement vient protéger des valeurs différentes selon la langue alors qu’un débat sur un système de laïcité à deux vitesses dans nos écoles – publiques et privées – n’a jamais été au programme?

Le ministre de la Justice, quant à lui, déclarait mardi que «les lois du Québec doivent s’appliquer pour tous et sur l’ensemble du territoire québécois. Il n’y a pas deux Québec, il y en a un seul.»

Ah? Si je comprends bien l’argumentaire, cette loi doit s’appliquer pour tous, exception faite de ceux et celles qui ont les moyens de s’y soustraire?

Soupir.

Que les commissions scolaires anglophones et francophones soient soumises à la même loi ne changera en rien le fait que nous serons encore les citoyens de deux Québec.