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«COVID longue»: la piste du système neurovégétatif

«COVID longue»: la piste du système neurovégétatif
AFP

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Que peuvent espérer les nombreux malades atteints de «COVID longues» ? Le Dr Nicolas Barizien, pionnier de leur prise en charge en France, a fait le point jeudi pour le président Emmanuel Macron, venu visiter son service à l'hôpital Foch de Suresnes, près de Paris.

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Question: Qui est touché et avec quels symptômes ?

Réponse: «On estime que 10 à 15% des patients qui font un COVID - parmi les 26% qui déclarent des symptômes - vont développer des symptômes persistants. Ils se croient guéris (...), mais au bout d'un mois se sentent de nouveau fatigués, avec les même douleurs qu'au début. On les examine sur toutes les coutures (...): rien ! Tout est normal au niveau des organes. Contrairement au COVID aigu, il s'agit plutôt de jeunes, plutôt des femmes, de 40 ans en moyenne, sans surpoids, sans comorbidité, même sportifs. Ces symptômes persistants sont de quatre formes et les malades en présentent souvent plusieurs. D'abord des troubles respiratoires. Les poumons sont normaux mais leur respiration est inefficace, ils respirent en quelque sorte à l'envers. Ensuite des troubles cardiaques : tachycardie au repos, évanouissement. On voit également des troubles digestifs : nausées, diarrhées, brûlures d'estomac. Et enfin les perturbations psychologiques : extrême fatigue intellectuelle, problème de concentration, d'attention, mémoire, difficulté du calcul mental, brouillard mental. Il faut y ajouter les pertes de goût ou d'odorat, qu'ils subissent pratiquement tous, plus ou moins longtemps, à un degré plus ou moins important.

Q: Peut-on les soigner ?

R: Il n'y a pas de médicament miracle et cela prend du temps. Leur état peut s'améliorer vite, mais pas complètement. Les troubles respiratoires sont en fait de l'hyperventilation, qui se traite par kiné respiratoire et rééducation à l'effort, mais il y a trop peu de kinés formés à cela. Il faut leur réapprendre à respirer normalement. Pour les troubles cardiaques, il faut également un reconditionnement à l'effort mais cela met 3 ou 4 mois pour être efficace. Les troubles digestifs sont soignés avec des médicaments gastriques. Les perturbations psychologiques sont traitées par rééducation neurocognitive, avec divers exercices. Mais cela n'est pas pris en charge par l'Assurance-Maladie et on manque de spécialistes. Un bilan neurocognitif coûte 1.000 euros et n'est pas remboursé.

Quant au goût et à l'odorat, si on ne fait rien cela ne revient pas, il faut faire une autorééducation olfactive. Pendant deux ans on peut espérer les retrouver, au bout de deux ans, c'est plus compliqué.

Q: Quelle est la cause ?

R: Notre hypothèse est une dérégulation du système neuro-végétatif, ce système autonome qui contrôle les fonctions auxquelles on ne pense pas, comme la respiration. Comme pour les sportifs de haut niveau qui «craquent» leur système neuro-végétatif. Il y a comme un réglage à refaire. Nous avons pu mesurer une chose, présente chez ces patients: la variabilité de la fréquence cardiaque. Il faudrait sans doute aussi des IRM (imagerie par résonance magnétique, ndlr) fonctionnelles pour voir l'activité du cerveau. Sur la perte du goût et de l'odorat, nous avons pu observer une inflammation du bulbe olfactif. 95% retrouvent les 2 sens, chez ceux qui ne les retrouvent pas, nous pensons que le bulbe olfactif est atteint. Peut-être est-ce un abri pour le virus. Nous espérons avoir plus de réponses dans un an.

En revanche, nous craignions de voir beaucoup de lésions pulmonaires durables, comme des fibroses, mais en fait il y en a très peu.

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