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Des anges-gardiennes en détresse : «Je n’ai jamais vu autant d’infirmières pleurer»

Cynthia Desgagné, infirmière en chef adjointe aux urgences de l'Hôpital de Gatineau, a livré un message de détresse sur les conditions qui prévalent aux urgences de l’Hôpital de Gatineau, le jeudi 22 avril 2021.
PHOTO COURTOISIE
Photo COURTOISIE Cynthia Desgagné, infirmière en chef adjointe aux urgences de l'Hôpital de Gatineau, a livré un message de détresse sur les conditions qui prévalent aux urgences de l’Hôpital de Gatineau, le jeudi 22 avril 2021. PHOTO COURTOISIE

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Des infirmières à bout de souffle sont sorties de l’ombre pour dénoncer haut et fort les heures supplémentaires obligatoires à répétition imposées par un arrêté du gouvernement du Québec qui mettent à risque tant leur propre santé que celle de leurs patients.

Des équipes complètes d’infirmières aux urgences de l’Hôpital de Gatineau ont été forcées le week-end dernier de travailler 16 heures consécutives, «sans pauses, ni repas» aux dires de certaines. «C’est à peine si nous avions le temps d’aller aux toilettes», a ajouté une autre, questionnée par l’Agence QMI.

«Je n’ai jamais vu autant d’infirmières pleurer ou en détresse psychologique. Je dois ramasser des filles à la petite cuillère», a avoué sans détour Cynthia Desgagné, infirmière en chef adjointe, allant même jusqu’à qualifier la situation de «violence institutionnelle».

Exode

Ces situations récurrentes, causées par un manque de ressources humaines ou par le déplacement de personnel vers d’autres unités en raison de la COVID-19, poussent des infirmières, nouvelles ou avec expérience, vers la sortie.

«Ce problème n’est pas nouveau, il est connu depuis longtemps, mais on a tendance à mettre beaucoup de choses sur le dos de la COVID», a argumenté Mme Desgagné, elle qui compte près d’une dizaine d’années dans le métier.

«Je n’ai pas envie d’entrer au travail, car je sais à quelle heure je dois commencer, mais je ne sais jamais à quelle heure je vais finir», a fait valoir une autre infirmière aux urgences de l’Hôpital de Gatineau qui vient d’accepter un poste similaire en Ontario, mais qui préfère taire son nom pour ne pas nuire à sa carrière.

«Quand [la haute gestion] dit que la population est prise en charge de façon sécuritaire, c’est faux», a-t-elle poursuivi en donnant pour exemple un événement survenu lundi dernier, peu avant 19h, où le manque de personnel a laissé sans infirmières deux aires de soins et la zone de triage en raison de l’arrêt cardiorespiratoire d’une patiente.

Sous tension

La direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) se dit consciente de la situation et a déposé une proposition la semaine dernière pour trouver des solutions avec les représentants des travailleurs.

«Nous reconnaissons qu’il y a un problème dans l’ensemble de notre organisation et nous savons que les ressources sont sous tension [avec la pandémie]», a admis la présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont.

Une phrase qui ne fait pas broncher Cynthia Desgagné : «Ils disent qu’ils nous entendent, mais je ne me sens pas écoutée du tout», de dire la mère de famille qui doit prendre soin de ses enfants en garde partagée.

«Il s’agit d’une gestion sourde et aveugle qui nie les problèmes, sans considérer les contextes familiaux des infirmières», a avancé une autre intervenante sous le couvert de l’anonymat.

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