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Des policiers témoignent avec émotion au procès de Benoit Cardinal

Un agent a raconté comment il avait distrait des enfants après le meurtre

Palais de justice de Joliette
Photos Chantal Poirier Les policiers de Mascouche Yannérick Litalien Forest et Maxime Mathieu (en mortaise) ont livré des témoignages émouvants jeudi, au palais de justice de Joliette.

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JOLIETTE | Au bord des larmes, un policier de Mascouche a relaté au jury chargé du sort de Benoit Cardinal comment il a dû distraire pendant des heures des enfants ayant assisté au meurtre d’une femme de 33 ans.

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« Les enfants venaient de vivre un événement très traumatisant. Je voulais qu’ils restent ensemble et [je voulais] détendre l’atmosphère. Je suis moi-même père de trois enfants », a relaté l’agent Yannérick Litalien Forest, un trémolo dans la voix.

Le policier comptant 14 ans d’expérience a livré un récit très émouvant jeudi au palais de justice de Joliette. 

Comme sa collègue, Catherine Harel, jeudi, et l’agent Maxime Mathieu après lui, il a été touché par la scène qu’il a vue le 16 janvier 2020, dans un immeuble multifonction du chemin des Anglais, à Mascouche.

« [Après l’intervention], on se demandait [entre nous] si on était corrects. Si ça allait bien, comment on réagit face à la situation. [...] Un événement comme ça, c’est marquant », a observé le policier Mathieu en essuyant ses larmes.

Possible violation de domicile

Les premiers répondants étaient informés qu’une possible violation de domicile ayant fait deux victimes s’était produite.

En entrant, l’agent Litalien Forest a vu Benoit Cardinal, couché à plat ventre dans le couloir, gémissant de douleur.

L’homme de 34 ans est aujourd’hui accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Jaël Cantin. Il subit son procès devant jury, présidé par la juge Johanne St-Gelais.

En poursuivant son chemin vers la chambre principale, le colosse de plus de 6 pieds a vu le corps de la mère de six enfants dans une mare de sang.

« Je ne m’attendais pas à voir autant de sang », a-t-il résumé, ajoutant qu’il avait vite entamé un massage cardiaque.

À l’arrivée des paramédics, le policier est sorti « pour prendre un peu d’air ». Il a alors discuté avec le père de Jaël Cantin, Gaétan, qui avait fait l’appel au 911.

Ce dernier avait été réveillé, vers 4 h 12, par des enfants en panique qui rapportaient que quelque chose de grave s’était produit chez le couple Cantin-Cardinal.

Les parents de la victime ont accueilli les bambins dans leur logement adjacent pendant l’opération policière.

Arrêter le méchant

L’agent Litalien Forest a donc été assigné à rester auprès d’eux. « Ils me posaient beaucoup de questions sur les véhicules d’urgence et ils me demandaient si on avait arrêté le méchant. J’essayais de changer de sujet », a mentionné le policier, en prenant une pause dans son discours.

Retenant ses larmes, il a poursuivi en disant que cette tâche, qui a duré deux heures et demie, n’était pas facile pour lui. 

« J’avais les yeux pleins d’eau et je devais aller m’essuyer les yeux dans le coin. [...] On faisait comme si de rien n’était [avec les enfants], comme j’aurais fait chez nous avec les miens », a-t-il souligné.

À la fin de son quart de travail, il a même tenu à reconduire les enfants à l’hôpital Pierre-Le Gardeur de Terrebonne dans une Caravan de la police de Mascouche.


Le procès se poursuit vendredi.