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Les déficients intellectuels dans des résidences sont-ils laissés à eux-mêmes?

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La propriétaire de Chambres en ville, une ressource pour personnes vivant avec une déficience intellectuelle à Trois-Rivières, en Mauricie, déplore le traitement auquel elle a eu droit depuis un an par les autorités de la santé. 

Une relation difficile avec une intervenante de l'organisation l'aurait finalement poussée à couper les ponts à la veille de la pandémie.

«J'avais l'impression que je vivais de la violence conjugale, tellement c'est intense la pression qu'ils nous font vivre», a déclaré Michelle Manseau, rencontrée jeudi par l'équipe de TVA Nouvelles.

Privée depuis de revenus publics, elle a lancé jeudi un cri du cœur. «Je m'occupe d'eux bénévolement, ça fait un an, puis l'État, il ne paye rien pour eux... Aidez-moi, parce que je vais faire faillite», a-t-elle laissé tomber.

Pour la résidence Le Camélia, également de Trois-Rivières, le problème est inverse. Sa propriétaire, Lucie Duval, aurait tenté à trois reprises d'obtenir une accréditation, mais sans succès.

«Je reçois des référencements par des intervenants, du CIUSSS, mais les gestionnaires en haut ne veulent pas me reconnaître, ne veulent pas travailler avec moi», s'est-elle désolé.

Pour les parents des résidents, la situation est préoccupante.

«Moi, ce que je vois pour elle, c'est à long terme, je veux une stabilité», a fait valoir Nathalie Rheault, mère de Sarah, une résidente de Mme Duval.

«On est toujours incertains, les parents des enfants qui ont des déficiences intellectuelles, du devenir... de ce qu'ils vont être plus tard», s'est quant à lui inquiété Richard Turcot, père de Mathieu, un autre résident.

Selon le regroupement des ressources résidentielles de la Mauricie et du Centre-du-Québec, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) fait du nivellement par le bas pour tenter de faire des économies.

«On a les plus basses classifications. Quand on va à la table de concertation à Québec, on nous dit: "Le problème, il est chez vous, en Mauricie"», a déclaré sa vice-présidente, Nancy Ricard.

Après avoir dit ne pas pouvoir commenter de cas particuliers, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec s'est finalement ravisé. On explique avoir eu de nombreux échanges avec les propriétaires des deux résidences, mais que comme celles-ci sont des ressources privées, elles ne cadrent dans aucun programme. Quant au processus d'accréditation, on assure qu'il est rigoureux et équitable.