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Tesla sur la sellette après un accident avec un véhicule apparemment sans chauffeur

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L’accident mortel d’une Tesla roulant apparemment sans conducteur a conduit, jeudi, à un regain d’attention sur les systèmes d’assistance à la conduite proposés par le groupe, une association de consommateurs montrant qu’il était «facile» de faire rouler un véhicule de la marque sans personne au volant. 

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Le ministre américain des Transports, Pete Buttigieg, a indiqué jeudi que les enquêteurs fédéraux étaient encore «en train de rassembler des informations» sur l’accident d’une Tesla qui a percuté un arbre samedi soir à Spring, au Texas.

«Mais je pense que c’est un moment important pour rappeler que de nombreux systèmes d’assistance à la conduite continuent à reposer sur l’hypothèse qu’un conducteur attentif est derrière le volant», a-t-il ajouté à la fin d’une conférence de presse sur un autre sujet.

AFP

Selon l’enquête préliminaire des autorités locales, le véhicule roulait à vive allure et sans personne sur le siège du conducteur au moment de la collision, avant de s’enflammer. Deux victimes ont été retrouvées, l’une sur le siège du passager avant et l’autre sur la banquette arrière.

Le patron de Tesla, Elon Musk, a assuré lundi que d’après les premières données récupérées, le système d’assistance à la conduite Autopilot disponible sur les voitures de la marque n’était pas enclenché. Sans donner plus de détails, il a aussi remarqué dans un tweet qu’Autopilot n’était pas censé fonctionner sur des voies sans ligne de démarcation.

AFP

L’Agence américaine de la sécurité routière, la NHTSA, a ouvert sa propre enquête dès lundi, tout comme le Bureau national des transports et de la sécurité des États-Unis (NTSB).

Les circonstances de l’accident ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, relançant le débat sur les capacités des logiciels d’aide à la conduite développés par Tesla.

Le groupe propose le logiciel Autopilot, qui permet d’adapter la vitesse de la voiture au trafic et de guider la voiture sur des voies clairement démarquées.

Certaines personnes peuvent acheter une version plus chère, baptisée «full self-driving capability» ou «capacités de conduite autonome complète», même si le conducteur n’est pas censé lâcher le volant. Avec ce logiciel, la voiture peut changer toute seule de voie sur l’autoroute, faire un créneau ou s’arrêter au feu.

«Tendance inquiétante»

Les sénateurs Richard Blumenthal et Edward Markey ont appelé la NHTSA, jeudi dans une lettre, à mener une enquête «approfondie» sur l’accident pour qu'elle comprenne également des «recommandations sur les solutions qui pourraient éventuellement être apportés pour éviter que de tels évènements se reproduisent».

C’est la 28e enquête impliquant une Tesla ouverte par la NHTSA, remarquent les deux responsables, membres de la commission responsable des Transports au Sénat.

Il semble «se dégager une tendance» sur les problèmes de sécurité des véhicules Tesla qui «est incroyablement inquiétante et mérite toute votre attention», écrivent-ils.

Ils mettent notamment en avant le fait que Tesla peut donner aux conducteurs un «faux sentiment de sécurité» lorsqu’il décrit les capacités de ses systèmes d’assistance à la conduite.

Sur son site internet, le constructeur de voitures électriques prévient que ces systèmes ne rendent pas le véhicule autonome et que la supervision active d’un conducteur reste nécessaire.

Mais M. Musk vante régulièrement les avancées réalisées par son groupe vers la conduite autonome.

Une expérimentation menée par l’association de protection des consommateurs Consumer Reports a par ailleurs montré qu’il était possible pour le conducteur d’une voiture en mouvement de passer sur le siège passager en accrochant un poids au volant et en ne décrochant pas la ceinture de sécurité.

«Le système a non seulement échoué à s’assurer que le conducteur prêtait attention, mais il n’a pas non plus réussi à repérer s’il y avait ou non un conducteur», a souligné l’association sur son site.

Tesla est, sur ce point, moins avancé que d’autres constructeurs automobiles comme General Motors ou Ford qui, dans leurs systèmes d’assistance à la conduite, «ont recours à des technologies plus développées pour s’assurer que le conducteur regarde la route».