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Jour de la Terre: Ottawa révise ses ambitions climatiques à la hausse

Jour de la Terre: Ottawa révise ses ambitions climatiques à la hausse

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Justin Trudeau a dévoilé jeudi un nouvel objectif climatique pour le Canada, plus ambitieux qu’avant, alors que le pays fait figure de cancre parmi ses alliés dans la réduction des gaz à effet de serre (GES).

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La cible de réduction des GES se situe désormais entre 40 % et 45 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005, alors que le budget 2021 déposé lundi parlait plutôt de 36 %. 

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien, sur QUB radio:  

L’annonce a été faite en marge du Jour de la Terre et du Leaders Summit on Climate, un sommet organisé par les États-Unis qui réunit jeudi et vendredi des dizaines de dirigeants des plus grands pays du monde pour une discussion sur le climat.

Malgré ses ambitions, le Canada n’a pas diminué ses émissions de GES au cours des dernières années. Au contraire: depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015, le Canada est le seul pays du G7 à avoir augmenté ses émissions, en l’occurrence, de 1 %.

«Nous devons agir tout de suite, car il n’y a pas de vaccin contre la pollution de la planète», a déclaré par visioconférence le premier ministre canadien.

Les émissions ont connu une baisse de 37 % depuis 1990 et de 23 % depuis 2005. Pour atteindre les 40 % de réduction, le Canada doit donc viser une réduction supplémentaire de 17 % de ses émissions en neuf ans.

À Québec, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a «salué» le rehaussement de la cible. «Avec une cible de -37,5 % par rapport à 1990 qui demeure au-delà de celle-ci et les plus basses émissions per capita en Amérique du Nord, [Québec] continuera de faire plus que sa part pour les objectifs climatiques mondiaux», a-t-il fait savoir sur Twitter.

Une cible qui ne laisse ni chaud ni froid

Les réactions ont été mitigées à Ottawa. Selon le chef du NPD, Jagmeet Singh, le plan du Canada est le «pire» parmi ceux des pays du G7. M. Singh a notamment critiqué l’achat du pipeline TransMountain en 2018 ainsi que les subventions à l’industrie pétrolière.

«En annonçant un objectif de 40 à 45 % de réduction des émissions de GES, le premier ministre communique au monde entier qu'il n'est pas sérieux lorsqu'il s'agit de faire du Canada un leader mondial dans la lutte contre la crise climatique ou la construction d'une économie verte», a commenté la cheffe du Parti vert, Annamie Paul.

Pour Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, «la cible proposée par Trudeau est moins ambitieuse que ce qu’exige la science du climat, sans aucun engagement à éliminer les combustibles fossiles au pays et à l'étranger».

Selon Greenpeace, le Canada «devrait adopter une cible de réduction des émissions d’au moins 60 % d’ici 2030 par rapport à 2005 en plus de planifier une sortie des combustibles fossiles et cesser immédiatement de les subventionner».

Les États-Unis doublent la mise

De son côté, le président américain Joe Biden a dévoilé lors du sommet une nouvelle cible quasiment doublée des émissions de GES pour marquer le «retour» de l’Amérique dans la lutte contre le réchauffement et pousser le reste du monde à «l’action».

La nouvelle cible américaine est désormais située dans la fourchette de 50 % à 52 %, alors que celle-ci visait 26 % à 28 % de réduction avant 2025.

– Avec l'AFP

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