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Des nouvelles de Cuba

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«Si nous luttons, nous pouvons perdre.

Si nous ne luttons pas, nous sommes perdus.»

– Graffiti anonyme

Impossible de passer sous silence la tenue du 8e congrès du Parti communiste de Cuba qui s’est tenu à La Havane du 16 au 19 avril derniers. Ce congrès a consacré le départ de quelques vétérans appartenant à la «génération historique», dont Raúl Castro, qui a cédé sa place à Miguel Díaz-Canel au poste de premier secrétaire du parti. Petit à petit, de nouveaux acteurs du pouvoir politique apparaissent, eux qui n’étaient pas encore nés en 1959, au moment du triomphe de la Révolution. 

AFP

On a beaucoup insisté sur la continuité et sur le rôle de l’entreprise privée dans le développement de l’économie socialiste cubaine. On n’a pas cherché à minimiser l’importance des difficultés de toutes sortes que traverse le pays, en soulignant deux facteurs aggravants: la pandémie, qui affecte toutes les économies de la planète, et le blocus économique et financier imposé par l’empire contre l’île socialiste et qui, au cours des quatre dernières années, sous l’ère Trump, s’est intensifié.

Le tourisme, principale source de devises, est toujours à son plus bas niveau et seule la Russie semble maintenir des liaisons régulières entre Moscou et Varadero ou Cayo Coco, les deux pôles touristiques les plus importants de l’île. Air Canada et Air Transat semblent incapables, pour l’instant, de préciser avec exactitude quand les vols commerciaux reprendront vers la plus grande île des Antilles ni dans quelles conditions ils se dérouleront, surtout en ce qui concerne le retour au pays. Je sais que vous êtes nombreux à piaffer d’impatience pour pouvoir revoir la mer, le soleil et la chaleur toute cubaine... 

Les cinq vaccins cubains contre la COVID-19

Pour un petit pays du tiers-monde, «bloqueado» depuis soixante ans, développer non pas un, mais cinq vaccins, dont deux sont actuellement dans leur phase terminale d’essai clinique, est non seulement un exploit, mais aussi une belle victoire sur tous ceux qui n’ont cessé de dénigrer les efforts des scientifiques cubains, dont les moyens sont loin d’égaler ceux des grandes entreprises pharmaceutiques internationales.

On a accusé le gouvernement cubain de mettre en péril la santé de sa population en n’achetant pas les vaccins des multinationales vendus à gros prix. On a accusé le gouvernement cubain de se servir de ses vaccins pour faire de la propagande. On a accusé le gouvernement cubain d’utiliser la technologie chinoise pour ses vaccins, comme si Cuba n’avait pas déjà fait ses preuves en développant sa propre industrie biomédicale depuis les années 1990, en pleine «periodo especial». 

Au terme de ses essais cliniques, Cuba entend mettre son expertise médicale à la disposition des pays les plus pauvres, tout en vaccinant l’ensemble de sa population avant la fin de l’année. Ne serions-nous pas peu fiers si nous pouvions, au Québec, nous vanter d’un tel exploit? Ne sommes-nous pas fiers lorsqu’un artiste, un sportif, un scientifique, un homme d’affaires de chez nous triomphe sur la scène internationale? Les Cubains ne sont pas différents et ils ont tout à fait raison d’afficher leur fierté. 

On a entrepris, il y a quelques jours, un recensement de la population, porte à porte. Dans le quartier que j’habite, à La Havane, on va commencer la vaccination massive à partir du 3 mai. Je suis prêt.