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Quand la désinformation brise des familles

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J’écrivais récemment que je ne savais pas comment on allait faire pour se réconcilier, après la COVID. C’est vrai qu’il y a beaucoup de tensions dans l’espace public, mais on peut aussi les observer dans la sphère privée.

Impuissance

Vous êtes nombreux à avoir le cœur brisé. Je pense à cette dame de la Beauce, à qui j’ai parlé au téléphone, et qui m’a longuement raconté sa peine de s’être éloignée d’une fratrie de laquelle elle était très proche.

Quand je dis proche, ça veut dire que tout ce monde-là partait en vacances ensemble et se parlait au téléphone régulièrement. Puis est arrivée la pandémie, et cette famille tissée serrée, comme beaucoup d’autres, a volé en éclats. 

Comment on fait quand, tout à coup, l’un des nôtres commence à tenir un discours négationniste ? Qu’est-ce qu’on dit quand la chair de notre chair s’abreuve des paroles de ceux qui font leur pain et leur beurre de la désinformation ? 

Implosion

On répond quoi quand on nous traite de peurologues, de moutons ou de confineurs en pyjama ? Dans bien des cas, ça frise l’endoctrinement, alors on se sent impuissants. 

Des sujets sont désormais à éviter si on ne veut pas aggraver les chicanes : le port du masque et la vaccination. Il y a des familles qui sont désormais toujours à une parole d’imploser. Et je trouve ça d’une tristesse sans nom.  

Ma messagerie est remplie de gens qui ne savent plus quoi faire pour aider leurs proches et qui pleurent leur disparition. Vous comparez ça à un deuil. Parce que c’en est un. Vos sœurs, vos frères, vos mères et vos pères, vous ne les reconnaissez plus. 

Je vous ai posé la question : est-ce que ça va se réparer ? Est-ce que vous allez réussir à reconnecter avec votre monde ? 

Que va-t-il rester de nous, de nos familles, quand tout sera terminé ? Et vous m’avez dit que votre plus grande peur, c’est qu’il ne reste rien.