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Port de Montréal : une grève générale illimitée déclenchée dès lundi?

La menace des débardeurs perturberait l’économie

Port de Montréal : une grève générale illimitée déclenchée dès lundi?
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

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À moins d’un revirement de dernière minute, le Port de Montréal sera paralysé à compter de lundi matin.

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Le Syndicat des débardeurs a envoyé vendredi un préavis de grève générale illimitée de 72 heures à l’Association des employeurs maritimes (AEM). Ce préavis répond à ce que le syndicat qualifie de «gestes de provocation» de la partie patronale.

Cette dernière a annoncé deux modifications aux conditions de travail des débardeurs au cours des derniers jours. La dernière en lice, modifiant les horaires de travail, devait être imposée aux syndiqués à compter du lundi, 26 avril prochain.

C’était évidemment avant que le syndicat, affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), ne réponde par un avis de grève générale illimitée, à compter 7 heures lundi matin.

Une note à l’attention de ses membres parle d’une « cessation complète du travail» sur tout le territoire du port de Montréal, y compris le terminal Contrecœur. « Au cours de cette période, poursuit-elle, les membres débardeurs, grands-contremaîtres ainsi que les hommes d’entretien seront en grève légale. »

Une offre du syndicat

Les 1115 débardeurs du Port de Montréal sont payés de 115 000 $ à 120 000 $ par année en moyenne. Ils réclament plus de congés, une révision de leurs disponibilités au travail et une meilleure conciliation travail-famille. 

En conférence de presse, vendredi, leur représentant syndical Michel Murray a soutenu que les débardeurs étaient disposés à suspendre leurs moyens de pression et menaces de grève générale à compter de lundi, si l’employeur acceptait de son côté de retirer les changements imposés aux conditions des débardeurs ces dernières semaines.

En réponse, la direction de l’AEM a paru peu ébranlé, soutenant par l’envoie d’une  déclaration écrite aux journalistes, être «en attente d’une réponse du syndicat sur les deux contre-offres déposées le 15 avril dernier devant les médiateurs». 

Aucune indication n’a filtré vendredi quant à la possibilité qu’elle puisse rétablir les conditions de travail passées en échange d’une suspension immédiate des moyens de pression (fin des heures supplémentaires et du travail les samedis et dimanches) et de la menace de grève des débardeurs à compter de lundi.

Fitzgibbon réagit

Sur Twitter, le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon a vite réagi vendredi en diffusant ce message. «Ce n'est pas le temps de le paralyser [le port] avec une grève. Nos entreprises ont déjà assez souffert de ce conflit de travail. Le gouvernement fédéral doit intervenir rapidement.» 

Pour leur part, les principales organisations patronales de la province ont réclamé une fois de plus une intervention d’urgence de la ministre du Travail du Canada, Filonema Tassi, pour assurer le maintien des activités au port.

Le Conseil canadien du commerce de détail s’est aussi inquiété des conséquences que  ce durement de ton pourrait avoir sur le cours des activités de ses membres.

«On reconnaît la bonne foi des débardeurs pour tous les produits liés à la pandémie. Mais on leur demande de poser le même geste pour les denrées périssables », a pour sa part déclaré au Journal son vice-président, Jean-François Belleau.

Les négociations en vue du renouvellement de leur contrat de travail ont achoppé l’été dernier, après 22 jours de grève. Le 21 mars dernier, au terme d’une trêve de sept mois souhaitée par toutes les parties, l’offre de l’employeur a été rejetée dans une proportion de 99,7 %. 

La semaine dernière, les syndiqués ont réitéré leur confiance en leurs représentants en renouvelant leur mandat de grève dans une proportion de 99,31 %. En février dernier, la même option avait recueilli l’appui de 98,12 % des syndiqués.

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