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Des examens à faire, malgré des écoles fermées

Des enseignants se questionnent sur les façons d’évaluer en ligne leurs élèves

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Alors que les élèves de la région de Québec amorceront leur quatrième semaine d’école à l’écran, le spectre de la tricherie en ligne refait surface alors que des enseignants se demandent comment ils arriveront à inscrire une note sur un bulletin qui comptera pour 65% de l’année scolaire.  

«C’est un véritable enjeu pour lequel je n’ai pas de réponse», laisse tomber Daniel Gauthier, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec. 

Contrairement à l’an dernier, où la mention «échec» ou «réussite» a été accordée en fin d’année scolaire, les élèves sont évalués cette année selon deux bulletins chiffrés. 

Avec une pondération «colossale» de 65%, celui de juin pèsera lourd dans la balance de la réussite scolaire. 

«Je pense particulièrement aux élèves de secondaire 4 pour qui le bulletin va faire foi de tout pour l’admission au collégial... La préoccupation est bien réelle», ajoute de son côté Martin Hogue, président du Syndicat de l’enseignement des Deux-Rives. 

Depuis la fermeture des écoles au début avril, plusieurs enseignants ont repoussé les examens qui étaient prévus, espérant un retour rapide sur les bancs d’école. Or la période de fermeture se prolonge, si bien que des enseignants doivent maintenant se résoudre à faire passer des évaluations à distance. 

Des examens surveillés par des parents

Certains modifient la forme de l’examen prévu en classe, d’autres tentent par différents moyens de contrer la tricherie en ligne. 

Des parents se sont même fait demander, au cours des derniers jours, s’ils étaient disponibles pour superviser leur jeune pendant un examen à l’écran, afin de s’assurer qu’il ne consulte pas son cahier d’exercices ou son cellulaire. 

L’enseignement en ligne dans trois régions du Québec, alors que les écoles sont ouvertes dans le reste de la province, pose de réels enjeux en matière d’équité entre les élèves, ajoute Martin Hogue, qui compte réclamer des changements au bulletin si la période de fermeture se poursuit au début mai. 

«Si ça se prolonge, on va se réunir et demander qu’il y ait une intervention auprès du ministre. Il serait regrettable que des élèves soient pénalisés en raison de la pandémie», affirme-t-il. 

Daniel Gauthier déplore par ailleurs l’absence de directives ou d’orientations à ce sujet provenant de Québec ou des centres de services scolaires. 

«Le mystère est entier, laisse-t-il tomber. Les enseignants se questionnent de plus en plus. Si ça continue, il va falloir faire les évaluations à distance et chacun fait avec sa propre recette.» 

Le ministère de l’Éducation a de son côté indiqué que «les établissements d’enseignement sont appelés à revoir la planification des évaluations en fonction de la situation sanitaire». 

Québec rappelle qu’à l’exception des épreuves ministérielles, la tenue d’examens formels n’est pas obligatoire et qu’il existe plusieurs autres moyens d’évaluer les élèves, comme les travaux et groupes de discussion. 

Les examens ministériels ont été annulés pour cette année alors que le choix des outils d’évaluation relève de l’enseignant, ajoute le ministère. 

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