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La fierté du capitaine

Jets vs Canadiens
Photo AFP Le capitaine du Canadien Shea Weber s’est levé après avoir été critiqué dans les médias.

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Shea Weber a été vivement critiqué, cette semaine, lorsqu’il a refusé de répondre à la question d’un collègue journaliste au sujet de ses difficultés sur la patinoire. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a répondu par la bouche de ses canons.

Mercredi soir, face aux Oilers d’Edmonton, le capitaine du Canadien a probablement offert sa meilleure prestation de la saison. Il avait le feu dans les yeux et on voyait la motivation dans son regard. 

RÉPONSE D’UN LEADER

Clairement, il avait été agacé par les interrogations sur son jeu, soulevées par les médias. On peut être en accord ou pas avec sa réaction. Personnellement, j’aurais aimé le voir faire face à la musique et concéder qu’il peut mieux jouer. Par contre, on ne pourra jamais lui reprocher de ne pas s’être levé par la suite. Quand on entend tout le monde dans l’organisation du Tricolore vanter les qualités de leader de Weber, c’est exactement de ça qu’ils parlent.

On peut imaginer qu’il n’avait pas le sourire facile dans le vestiaire avant la rencontre. Déjà que le grand no 6 est un homme de peu de mots, on peut deviner qu’il n’avait pas la tête aux discussions légères avant d’entamer le match contre les Oilers.

EFFET D’ENTRAÎNEMENT

On a eu l’impression que la colère du capitaine a eu un effet sur le reste du groupe. En matinée, l’attaquant Josh Anderson avait lui aussi été très incisif devant les membres des médias en assurant que le Canadien devait se ressaisir et entrer en mode séries.

Lui aussi a bien répondu. Il a joué tout un match mercredi et on a retrouvé l’attaquant de puissance dominant qui sera assurément d’une importance capitaine au Tricolore en séries éliminatoires.

Il a aussi été le premier à aller voir Alex Chiasson durant la période d’échauffement. On ne sait pas exactement ce qu’ils se sont dit, mais clairement, Anderson préparait l’attaquant québécois à répondre de ses actes après avoir infligé une commotion cérébrale à Carey Price lors du match précédent.

L’effet s’est aussi fait ressentir chez les plus jeunes. Jesperi Kotkaniemi a servi un solide coup d’épaule à Josh Archibald en début de rencontre et ç’a donné le ton.

Ironiquement, le tumulte des derniers jours pourrait être un point tournant dans la saison du Tricolore. L’agacement de Weber et la blessure à Carey Price pourraient avoir créé un esprit d’équipe encore plus solide à l’interne.

On aura la réponse au cours des prochains matchs. 

ANDERSON ET TOFFOLI

Pour revenir à Anderson, lui et Tyler Toffoli avaient inscrit 30 % des buts du Tricolore en date d’hier. 

Il ne fait aucun doute que, n’eut été ces deux acquisitions par Marc Bergevin cet été, je ne sais pas si on serait dans la course pour une place en séries chez le Canadien.

Certes, il faut donner du crédit aux deux joueurs qui ont livré la marchandise jusqu’à présent cette saison, mais on oublie souvent qu’au départ, c’est le directeur général de l’équipe qui en a fait l’acquisition.

On peut le critiquer comme on veut, il ne fait aucun doute dans mon esprit que Bergevin est le DG de l’année dans la LNH. 

J’ai rarement vu deux acquisitions avoir un impact aussi considérable sur une formation. Le pire dans tout ça, c’est que Bergevin n’a rien donné ! Et je le pense : Max Domi connaît une saison atroce avec les Blue Jackets de Columbus et ne se retrouve pas dans les bonnes grâces de l’entraîneur John Tortorella.

Le directeur général des Jackets doit en faire des nuits blanches.

Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie

CHAPEAU MARLEAU !

Patrick Marleau a disputé un 1769e match dans la LNH cette semaine. Il a récemment dépassé la marque de 1767 détenue jusque-là par Gordie Howe. Quelle carrière exceptionnelle il connaît. Non seulement a-t-il été un joueur d’impact pendant plusieurs saisons, mais à entendre les commentaires aux quatre coins de la Ligue nationale de hockey, on comprend que Marleau a aussi laissé sa marque pour ses qualités humaines. Il n’est plus le joueur qu’il a été, mais il demeure un bon vétéran qui a su prendre soin de lui et il en récolte les fruits aujourd’hui. Dès qu’il prendra sa retraite, ce sera un aller simple pour le Temple de la renommée pour Marleau. À partir du moment où tu entres dans le même sujet de conversation que Gordie Howe, ça devient inévitable.

ESSOUFFLEMENT

En début de saison dans la LNH, on regardait le calendrier et on salivait tous à l’idée de voir des rivalités naître sous nos yeux en raison du grand nombre de matchs que chaque équipe joue contre les autres de leur division. Honnêtement, ce n’est pas le cas, et avec du recul, c’est compréhensible. Avec un calendrier aussi condensé que celui de cette année, et avec la COVID-19 qui est venue jouer les trouble-fêtes dans plusieurs vestiaires, on sent un essoufflement chez les joueurs. Pas de doute qu’ils n’ont pas d’énergie à perdre actuellement à entretenir des rivalités. Je pense qu’on serait surpris de connaître l’état de santé de tous les joueurs en ce moment. Croyez-moi, il n’y en a pas beaucoup qui sont à 100 %. Tout ça, en plus du fait que les matchs sont majoritairement disputés devant des gradins vides. L’énergie offerte par une foule en liesse est impossible à reproduire.

MONDIAL ET QUARANTAINE

Le défenseur des Sénateurs d’Ottawa Thomas Chabot a déjà annoncé qu’il n’avait pas l’intention de se joindre à l’équipe canadienne en vue du Championnat mondial, une fois la saison des siens terminée. Je peux le comprendre. Cette année a été éreintante pour tout le monde et je suis convaincu que la quarantaine obligatoire de 14 jours imposée aux gens qui voyagent à l’extérieur, à leur retour au pays, va dissuader beaucoup d’autres athlètes d’accepter l’invitation de Hockey Canada.