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Manifestations contre la hausse des loyers

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Un millier de locataires sont descendus samedi dans les rues de Montréal et un peu partout au Québec pour réclamer une série de mesures comme un contrôle des loyers et un registre des baux.

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Les manifestants se sont réunis au métro Parc, dans le quartier de Parc-Extension, sous le thème «Les loyers s’imposent, un contrôle s’impose», organisé par le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Des organisateurs et locataires ont pris la parole avant de prendre la rue jusqu’au Campus MIL de l’Université de Montréal, symbole de la «gentrification» du quartier de Parc-Extension, selon les manifestants sur place.

Guy Martel/Agence QMI

«Louer un 4 et demi coûte 1300$, 1400$ ou voir 1500$ aujourd’hui. Personne n’a l’argent pour se payer ça», a lancé devant la foule Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ.

Travaux majeurs

Marie-Josée Hudon habite sur la rue Querbes depuis huit ans, et le 31 mars dernier, elle a reçu un avis d’éviction pour travaux majeurs.

Si rien ne change, l’enseignante de francisation devra partir pour le 30 juin prochain et revenir avec un loyer bien plus dispendieux le 1er janvier 2022. Selon elle, les travaux sont «injustifiés» dans son bloc et ne nécessitent pas une évacuation et une augmentation de loyer.

Guy Martel/Agence QMI

«C’était un quartier très défavorisé quand je suis arrivée il y a huit ans, et ça devient de plus en plus un coin pas abordable. Si on fait rien, ça va se transformer en quartier d’affaires.»

Elle craint que son quartier soit une autre victime de la «folie immobilière».

Contrôle des loyers

«Le fardeau est sur les épaules des locataires, qui n’ont pas nécessairement envie d’aller contre leur propriétaire», a exprimé le porte-parole du RCLALQ, Maxime Roy-Allard, alors qu’il souhaite sensibiliser la population à la condition des locataires touchés de plein fouet par la crise du logement actuel.

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Le contrôle du loyer s’appliquerait par la mise en place d’une loi qui donnerait des pouvoirs au Tribunal administratif du logement (TAL), dont le taux annuel légal d’augmentation des loyers se fonde sur l’indice des prix à la consommation (IPC) et est plafonné à 2,5%, un programme similaire à celui de l’Ontario.

Le registre des baux, un registre public avec l’inscription du prix des logements et des hausses, était aussi une autre proposition bien populaire chez les manifestants.

L’Association des propriétaires du Québec (APQ) avait jugé, jeudi, «inacceptable» la demande de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) de mettre en place un registre public des loyers.

Une première «assemblée des évincé-es»

Québec solidaire a d’ailleurs organisé une première «assemblée des évincé-es» en matinée, où plusieurs locataires victimes de «rénovictions» ont pris la parole virtuellement afin de trouver des solutions aux problèmes de la spéculation financière.

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

«On est ici pour ne pas trouver une solution personnelle, mais des solutions collectives pour faire pression au gouvernement», a indiqué le député de Laurier-Dorion à Montréal, Andrés Fontecilla, qui a eu l’idée de cette rencontre.

M. Roy-Allard a mentionné avoir constatém dans la dernière annéem une augmentation de 300 à 600 évictions de propriétaires, un record selon lui.

Jean-Claude Savard dit avoir été évincé de son logement. Il faisait partie des 46 logements du bloc situé au 3440, avenue Ridgewood, dans le quartier Côte-des-Neiges, qui vivaient des problèmes à répétition depuis l’achat de l’immeuble par le nouveau propriétaire.

«J’aimerais voir un mécanisme de médiation, où dès qu’un permis de rénovation est acheminé [à un propriétaire], et bien qu’il puisse superviser le travail [pour voir si tout est en règle].»

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