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Les «bons» Québécois et les autres

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre François Legault en point de presse, à Québec, la semaine dernière.

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Lors de l’adoption de la loi 21, le gouvernement Legault s’était félicité d’avoir mis un terme à un débat qui durait depuis 10 ans.

Les lendemains du jugement de la Cour supérieure nous révèlent qu’il s’était peut-être réjoui trop vite.

La constitutionnalité de l’interdiction du port des signes religieux n’est pas réglée, l’étendue de la clause dérogatoire qui le permet, en ce moment, finira par être évaluée par la Cour suprême.

Mais de telles nuances n’ont pas freiné François Legault. 

Par un spectaculaire raccourci, il a accusé sa rivale libérale d’avoir « échoué son test de leadership » en se montrant « incapable de défendre les valeurs québécoises ».

Faut-il comprendre que sous les arcs-en-ciel nationalistes de la CAQ il y a dorénavant les bons et les mauvais Québécois ? 

Ceux qui défendent tous azimuts sa vision de la laïcité, et les autres vendus aux mirages d’un multiculturalisme débridé ?

Quelles valeurs québécoises ?

Le débat sur la loi 21 demeurera déchirant quoi qu’en dise le premier ministre.

Que le gouvernement utilise la clause dérogatoire pour affirmer l’interdiction du port des signes religieux aux enseignants est absolument légitime. 

Cependant, il est périlleux de sous-entendre, comme l’a fait François Legault, qu’il est anti-québécois de vouloir que cette affirmation de la laïcité « passe le test des tribunaux », comme l’exige Dominique Anglade.

Ne célébrons-nous pas le fait de vivre dans une société égalitaire, ouverte, qui respecte les droits des minorités ? 

L’indépendance des tribunaux et leur mandat de veiller à la constitutionnalité de nos lois ne sont-ils pas des piliers de nos valeurs démocratiques québécoises ?

Pourquoi est-ce que, soudainement, il serait contraire aux valeurs québécoises de vouloir que la loi sur la laïcité soit validée par les tribunaux tel que le réclame le PLQ ?

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Le droit au débat

N’oublions pas que l’importance de la laïcité, le débat, porte sur les moyens pour la défendre.

Si le Québec veut éviter de tomber dans la polarisation malsaine de la société américaine, il faudra réussir à entretenir un espace de débat sur les enjeux litigieux.

Or, en faisant de la loi 21 un enjeu partisan, le premier ministre creuse les clivages, plutôt que de les apaiser.

La position des libéraux a beau être impopulaire auprès de l’électorat francophone, c’est de la démagogie que d’accuser leur cheffe d’avoir peur de défendre le Québec.

Il est malheureux que pour marquer des points politiques François Legault ait habilement mélangé les deux.

D’ailleurs, c’est quand le nationalisme cède à la démagogie qu’il dérive.

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