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L’Ontario au bord du gouffre

La pire crise sanitaire de l’histoire de la province se double d’une crise politique

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Photo courtoisie, Service paramédic de la Ville d'Ottawa Les paramédics du transporteur Ornge et du Service paramédic d’Ottawa transfèrent un patient pour décharger les hôpitaux de Toronto submergés par la troisième vague de la pandémie.

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OTTAWA | Des hôpitaux débordés, des malades héliportés loin de chez eux, un premier ministre sommé de démissionner : rien ne va plus en Ontario où la pire crise sanitaire de l’histoire se double d’une profonde crise politique.

Vendredi seulement, 34 Ontariens sont morts de la COVID-19 et 2335 autres étaient hospitalisés, comparé à 684 hospitalisations au Québec. De plus en plus de malades sont transportés loin de chez eux, intubés et inconscients. 

Débordés, les hôpitaux de la grande région de Toronto envoient leurs patients de plus en plus loin pour pouvoir continuer à recevoir des malades.

Ils se sont d’abord tournés vers Kingston, à 260 km, puis vers Brockville à 330 km, et maintenant vers Ottawa, à 450 km. Même les hôpitaux pédiatriques accueillent désormais des adultes.

« C’est très préoccupant. Nous commençons à manquer d’options », indique le Dr Michael Warner, intensiviste à l’Hôpital Michael Garron, situé dans l’est de Toronto.

Des hélicos partout

Ornge, l’organisme qui assure le transport médical par la route et par les airs dans toute la province, a dû doubler puis tripler le nombre de ses véhicules pour répondre à la demande, explique le directeur médical, le Dr Michael Lewell.

Entre le 1er et le 21 avril, ses équipes ont transféré 570 malades de la COVID-19, contre 242 en mars, 217 en février et 209 en janvier.

Les hélicoptères-ambulances du transporteur Ornge sont maintenant si nombreux dans le ciel ontarien qu’on ne lève même plus la tête en entendant le bruit de leurs pales. Et le Dr Lewell ne s’attend pas à ralentir la cadence de sitôt :

« Le mois de mai n’augure rien de bon », souffle-t-il.

« Les gens meurent dans cette province à cause des décisions de ce gouvernement, à cause du refus du premier ministre d’écouter les experts », s’est insurgée cette semaine la cheffe de l’opposition néo-démocrate, Andrea Horwath, qui comme son homologue libéral réclame la démission de Doug Ford.

Travailleurs sans filet

Pour renverser la vapeur, le gouvernement conservateur promet d’accoucher sous peu d’un programme de congés maladie payés, comme le réclame depuis près d’un an le comité scientifique qui le conseille.

D’ici là, la besogne continue dans les entrepôts et les usines de la grande banlieue de la Ville Reine, où les variants poursuivent leur avancée mortelle.

La santé publique locale fermera les entreprises de force si elle détecte cinq cas ou plus dans leurs rangs, mais encore faut-il que les travailleurs puissent s’absenter pour se faire tester.

Un cas sur quatre dans la province est maintenant lié à un milieu de travail, d’après une analyse de CBC. 

Nombre de cas et d’hospitalisations par 100 000 personnes  

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

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