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Une soirée magique à Carnegie Hall

Joyce DiDonato
Photo courtoisie La mezzo-soprano américaine Joyce DiDonato.

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Le 15 décembre 2019, Joyce DiDonato a vécu un moment mémorable et magique sur les planches de Carnegie Hall, à New York. Ce concert, où elle a interprété les 24 cycles de l’œuvre Winterreise de Schubert avec Yannick Nézet-Séguin au piano a été immortalisé sur disque.  

La mezzo-soprano américaine a eu l’impression que le temps s’était arrêté durant cette prestation de 70 minutes qui avait aussi été offerte au Palais Montcalm à Québec.

« J’ai commencé à chanter et avant que je le réalise, c’était terminé. Les gens applaudissaient. C’est une des performances magiques de ma vie », a-t-elle indiqué dans un échange de courriels, ajoutant qu’elle avait l’impression d’avoir fait ce concert, il y a un million d’années.

Produit sur l’étiquette Warner Classics, Le voyage d’hiver, écrit par Schubert à l’âge de 31 ans, un an avant sa mort, dépeint les émotions d’un vagabond amoureux dans un paysage sombre et hivernal.

Un cycle dramatique et triste où le bonheur n’apparaît que sous la forme de souvenirs et d’illusions. 

Joyce DiDonato aime la pureté de l’expression musicale de Winterreise, la profondeur des harmonies et des textes qui pénètrent dans la psyché humaine. 

« Cette œuvre qui nous lie à la plus grande des possibilités humaines, tout en regardant les parties les plus sombres de nous-mêmes. C’est une œuvre qui ne se révèle jamais complètement et avec de nouvelles couches et découvertes qui apparaissent constamment », a-t-elle fait remarquer.

Un grand voyage

Le cycle Winterreise est habituellement chanté par des ténors et des barytons, et occasionnellement par des sopranos et des mezzo-sopranos.

« Il y a eu de magnifiques interprétations par des chanteuses, mais c’est quelque chose qu’on ne voit pas souvent. Je suis reconnaissante aux femmes courageuses qui l’ont fait avant moi et qui m’ont permis, à mon tour, d’explorer cette œuvre », a-t-elle mentionné.

Joyce DiDonato s’est approprié cette œuvre, seule au piano, en plongeant dans le texte de Wilhelm Müller et dans la musique de Schubert. 

« C’est un cycle de chansons que je connais depuis longtemps et qui se dévoile petit à petit. Je me suis posé beaucoup de questions. Je me suis interrogée sur la femme que cet homme laisse derrière. Travailler cette œuvre a été un des plus grands voyages musicaux de ma carrière », a confié la mezzo-soprano originaire de Kansas City.

Liberté et confiance

La mezzo-soprano de 52 ans avoue qu’elle n’était pas, à l’origine, une grande fan de ce voyage hivernal. Il s’agissait, à Carnegie Hall, de sa cinquième interprétation de cette œuvre écrite en 1827.

« J’admirais la beauté de Winterreise en tant qu’auditrice, mais je trouvais difficile d’y accéder. Le cycle a toutefois commencé à prendre racine en moi, lorsque j’ai décidé d’entreprendre ce voyage », a-t-elle dit.

La chanteuse lyrique était accompagnée, à Carnegie Hall, par Yannick Nézet-Séguin, directeur musical de l’Orchestre Métropolitain, du Philadelphia Orchestra et du Metropolitan Opéra, au piano. Ils se connaissent depuis une quinzaine d’années.

« Yannick, c’est de la magie pure. Il est l’un des rares à rendre meilleurs ceux qui sont autour de lui et à les mettre en lumière, et ceci amène une immense liberté et de la confiance sur scène. Ce fut une immense joie de vivre, ce voyage épique et merveilleux avec lui », a-t‐elle précisé.  

Joyce DiDonato
Photo courtoisie