/opinion/columnists
Navigation

Bleu et rouge

Coup d'oeil sur cet article

Du temps ancien de la catholicité où régnait Maurice Duplessis, il était de bonne guerre de lancer en période d’élections que le ciel était bleu et l’enfer rouge, en référence à la couleur officielle de l’Union nationale et du Parti libéral.

Il y a eu avec la montée du nouveau nationalisme progressiste une opposition entre séparatistes et fédéralistes qui s’est avérée féroce au cours des deux référendums, en particulier celui de 1995. À noter qu’à part des nuances, cette dichotomie s’est poursuivie jusqu’au début du présent siècle.

  • Écoutez la chronique politique d’Emmanuelle Latraverse sur QUB radio:

Aujourd’hui le Québec se départage entre les multiculturalistes triomphants de Justin Trudeau et les nationalistes à saveur identitaire de François Legault. Auxquels il faut ajouter le mouvement woke dont l’influence montante se fait sentir dans les milieux dits intellectuels et médiatiques. Ce qui est inversement proportionnel au nombre de ses partisans, lesquels ont des talents exceptionnels pour manipuler les médias sociaux.

Le résultat en est une attaque incessante contre la CAQ et son gouvernement, accusés de racistes. Comme conséquence de placer une majorité de francophones sur la défensive.

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

Laïcité maudite

Les défenseurs de la loi 21 sur la laïcité ne sont donc plus considérés comme étant de gauche, mais de droite, voire d’extrême droite. C’est en quelque sorte le monde à l’envers. 

Il faut en conclure qu’il est désormais impossible pour un Québécois nationaliste d’échapper avec cette étiquette à un des mots les plus offensants et les plus stigmatisants du vocabulaire ? Des wokes ont raison de crier victoire pour le moment, car de nombreux francophones éprouvent ce vieux sentiment quasi héréditaire de culpabilité.

Les mots ne sont jamais innocents. Ils servent d’armes pour ceux qui se considèrent comme nos adversaires. La réputation des nationalistes québécois sera de plus en plus entachée d’infamie, voire de haine. 

Car un raciste n’est pas digne de respect. Il doit être réformé.

Comment mettre un terme à cette offensive de plus en plus violente contre ceux qu’on appelait les Canadiens français ?