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COVID-19: la situation en Inde est «plus que déchirante»

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La situation en Inde, où la pandémie a atteint une gravité sans précédent, est « plus que déchirante », a déclaré lundi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

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« L’OMS fait tout ce qu’elle peut, en fournissant du matériel et des équipements essentiels, notamment des milliers de concentrateurs d’oxygène, des hôpitaux de campagne mobiles préfabriqués et du matériel de laboratoire », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

Photo AFP

En quelques jours, le variant « indien » a plongé le pays de 1,3 milliard d’habitants dans le chaos, entraînant l’annonce d’une aide d’urgence par plusieurs pays. L’Inde a enregistré dimanche un record mondial de près de 350 000 personnes contaminées en une seule journée.  

  • Écoutez le correspondant pour RFI en Inde, Côme Bastin, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Dans la capitale New Delhi, des témoins décrivent des couloirs d’hôpitaux encombrés de lits et brancards et des familles suppliant en vain qu’on leur fournisse de l’oxygène ou une place pour leurs proches. Certains meurent au seuil de l’hôpital.

« L’OMS a redéployé plus de 2600 personnels pour soutenir la réponse sur le terrain, pour apporter son soutien aux activités de surveillances, aux conseils techniques et aux efforts de vaccination », a souligné le Dr Tedros.

« Jamais auparavant l’importance de la vaccination n’a été aussi évidente », a-t-il ajouté.

AFP

L’OMS a également indiqué dans un courriel à l’AFP qu’elle procèdait à une analyse rapide de la situation dans les zones confrontées à une recrudescence des cas, formulait des recommandations et soutenait la mise en oeuvre de ces mesures.

Le système sanitaire indien est débordé par une nouvelle vague d’infections attribuée en partie au variant « indien », appelé par le nom de sa lignée, B.1.617. Il est qualifié de « double mutant » parce qu’il est notamment porteur de deux mutations préoccupantes au niveau de la protéine de pointe (« spike ») du virus Sars-CoV-2 qui est à l’origine de la pandémie de COVID-19.

AFP

La première, E484Q, est proche de celle déjà observée sur les variants sud-africain et brésilien (E484K), soupçonnée d’entraîner une moindre efficacité de la vaccination et un risque accru de réinfection. La seconde, L452R, est également présente dans un variant repéré en Californie, et pourrait être capable d’entraîner une augmentation de la transmission. C’est la première fois qu’on les repère ensemble sur un variant ayant une diffusion importante.

« Compte tenu de sa circulation importante et des préoccupations concernant sa propagation et sa neutralisation », l’OMS l’a classé comme « variant d’intérêt », mais l’organisation estime que des données supplémentaires sont nécessaires pour déterminer s’il s’agit d’un « variant préoccupant ».