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La voiture gagne sur le bus et le métro

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Plusieurs personnes ont délaissé le transport collectif au profit de la voiture, semblent démontrer les données du ministère des Transports (MTQ).

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« L’impact de la réduction du nombre de voitures, même de 10 %, peut être significatif sur la congestion, ce qui peut donner envie à plein de gens qui étaient dans le transport en commun de retourner à la voiture. Il y a probablement beaucoup de ces gens sur les routes actuellement », analyse le professeur d’urbanisme à l’Université de Montréal Jean-Philippe Meloche.

Selon lui, cet « effet de substitution est plus fort dans le cœur des villes », où il y a, en temps normal, plus d’usagers du transport en commun.

Pire qu’en 2018

Par exemple, en mars 2021, sur l’autoroute Décarie, à Montréal, le débit de circulation était revenu à 91 % du niveau prépandémie. En novembre 2020, il y avait même plus de voitures sur cet axe qu’en 2018, selon les données du MTQ.

Dans l’ensemble de la région de Montréal, l’achalandage du transport collectif en mars 2021 était à 37 % de la situation pré-COVID et à 33 % pour le réseau du métro. Dans la ville de Québec, cette même donnée est à 48 %.

« À Montréal, vous avez environ 40 % des gens qui prennent le transport en commun. Si la moitié de ces gens prennent leur voiture, ça va paraître sur les routes », dit-il. 

M. Meloche affirme que dans les banlieues et à Québec, où le transport collectif est moins populaire, le phénomène a moins d’impact sur le débit. 

Des trajets autres

Le professeur à Polytechnique Montréal Francesco Ciari juge que les débits routiers sont plus près des normales au cœur des villes aussi à cause de trajets faits pour autre chose que le travail. 

Il évoque une course dans un commerce en milieu de journée, qui n’aurait pas été faite si un travailleur était dans un bureau au centre-ville.

« Les utilisations alternatives, ça se produit plutôt à l’intérieur de l’île que sur les ponts », souligne-t-il. C’est une hypothèse pour expliquer que le débit est plus proche de 100 % en ville. »

Au vu des données, si les travailleurs réintègrent leurs bureaux en septembre 2021 grâce au vaccin, Jean-Philippe Meloche dit s’attendre « à de la congestion comme on en a rarement eu dans la région métropolitaine de Montréal ».

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