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Jaël Cantin rouée de coups alors qu’elle était au sol

La conjointe de Benoit Cardinal avait la tête couverte de bleus, jusque dans le cerveau

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JOLIETTE | La conjointe de Benoit Cardinal était au sol, pratiquement immobile, lorsqu’elle a été rouée de violents coups qui lui ont causé des bleus jusque dans le cerveau, ont affirmé des experts.

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L’image est frappante : des poques sur la majeure partie du visage, jusque dans le cortex cérébral, des yeux enflés, des oreilles en chou-fleur comme un combattant d’arts martiaux mixtes.

Lors de son admission à l’hôpital, Benoit Cardinal avait une blessure au front prenant la forme de trois griffures.
Photo courtoisie de la cour
Lors de son admission à l’hôpital, Benoit Cardinal avait une blessure au front prenant la forme de trois griffures.

C’est le portrait qu’avait le Dr Yann Dazé lorsqu’il a fait l’autopsie de Jaël Cantin dans les heures ayant suivi sa mort.

La femme de 33 ans, mère de six enfants, a succombé à un traumatisme contondant à la tête, a statué le pathologiste.

Ces blessures fatales lui ont été infligées dans la nuit du 16 janvier 2020, dans sa maison du chemin des Anglais, à Mascouche. 

Les informations détenues par les premiers répondants laissaient croire que les blessures émanaient d’une violation de domicile au cours de laquelle son conjoint, Benoit Cardinal, avait aussi été blessé.

Les enquêteurs ont toutefois vite constaté qu’il n’y avait aucune trace d’effraction dans le bâtiment, et Cardinal est passé de victime à suspect de meurtre prémédité.

L’homme de 34 ans subit son procès devant jury au palais de justice de Joliette.

Photo courtoisie de la cour

Bien que le Dr Dazé ne puisse déterminer combien de coups a reçus la victime, il a assuré lors de son témoignage, lundi, qu’il y en avait eu « plusieurs ».

Aucune arme

Certains impacts ont été si violents qu’ils ont fendu la peau de Mme Cantin, causant un saignement abondant au niveau de l’oreille gauche et de la paupière droite.

Selon le pathologiste, aucune arme n’aurait été utilisée. « L’importance des contusions, lorsque conjuguée avec le faible nombre de lacérations et l’absence de fractures, suggère avant tout qu’une partie du corps [comme un poing ou un pied] ou une surface [comme le sol ou un mur] aient été utilisées pour infliger les blessures », a-t-il avancé.

Une hypothèse partagée par sa collègue biologiste judiciaire, Sonia Roy. Après avoir analysé la scène de crime, l’experte en projections de sang est d’avis que la force humaine est à l’origine des taches de grosseurs diverses qu’elle y a observées.

Battue sur le plancher

« L’ensemble des projections de sang indique que Jaël Cantin s’est fait frapper principalement alors qu’elle est au sol devant le mur de la fenêtre. Elle a séjourné à cet endroit sans grand mouvement et y a perdu beaucoup de sang », a écrit Mme Roy dans son rapport.

La biologiste a aussi analysé des prélèvements d’ADN faits sur la victime et l’accusé. Le profil génétique de Benoit Cardinal a été décelé sous les ongles de la main droite de sa conjointe.

À son admission à l’hôpital, l’accusé n’avait qu’une blessure au visage prenant la forme de trois griffures au front.

Ses mains étaient enflées et tachées du sang de Jaël Cantin. Des gouttes du sang de la victime ont aussi été découvertes sur le pantalon de pyjama de Cardinal.

« La personne qui le portait se trouvait tout près de la source de sang au moment des projections », a résumé l’experte.

Le procès se poursuit mardi.

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