/sports/opinion/columnists
Navigation

Respecter les engagements

SPO-CANADIENS-MONTRÉAL
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Paul Maurice a beaucoup plus d’expérience que Dominique Ducharme. Mais, quand vient le temps de prendre des décisions tranchantes, il sait très bien qu’il y aura des mécontents dans le vestiaire.

Surtout quand l’entraîneur décide de servir un avertissement à son meilleur joueur, c’est-à-dire Mark Scheifele. Il a pris cette décision en deuxième période du match contre les Maple Leafs de Toronto, samedi soir, à Winnipeg.

« Il faut parfois agir pour que le message soit bien entendu. Un joueur doit compétitionner au niveau des patineurs de son statut, » a commenté Maurice.

Ducharme effectue ses premiers pas derrière le banc d’une formation de la LNH. Cependant, il arrive un moment où un entraîneur doit réagir... même s’il possède très peu d’expérience. Il est temps pour l’entraîneur du Canadien de brasser un peu les effectifs.

Parce que son équipe n’est pas une boîte à surprise, c’est une formation qui n’offre rien pour s’attirer l’admiration de ses plus chauds partisans.

Doit-on sauter à la conclusion qu’une atmosphère de « je-m’en-foutisme » s’est profondément installée dans le vestiaire ?

Flèche de tout bois

Ou bien, cette équipe qui faisait flèche de tout bois en début de saison n’est pas aussi solide qu’on pouvait le croire. Après tout, à la lumière des résultats, cette brigade défensive que l’on disait l’une des meilleures, sinon, la meilleure de la division nord, est d’une vulnérabilité à remettre tout en question.

Cette attaque qui semait la terreur chez les adversaires en début d’année est maintenant empêtrée dans un bourbier et on se demande toujours si Cole Caufield pourrait être une solution. Qu’a-t-on à perdre ? En tout cas, quand on marque à peine deux buts par match, il y a deux raisons. La première, la qualité des attaquants n’est pas aussi élevée qu’on semblait le croire en lever de rideau.

La deuxième : a-t-on surévalué les effectifs ou est-on en train de perdre le pari que le Canadien pouvait rivaliser avec les meilleures formations avec deux joueurs de centre de 22 et 20 ans ?

Ce qu’on voit est très préoccupant.

La brigade défensive a perdu de son lustre en raison des ennuis qu’éprouvent Jeff Petry et Shea Weber.

L’attaque, malgré deux joueurs comme Tyler Toffoli et Josh Anderson, ne produit pas.

La situation des gardiens n’est pas aussi reluisante qu’on le souhaitait.

Les unités spéciales n’exercent aucun impact... au contraire.

Et, le plus important, veut-on payer le prix ?

Payer le prix

Payer le prix comme aller dans les endroits où l’effort au boulot est primordial. Payer le prix, c’est comme bloquer des tirs, frapper l’adversaire dans les moments les plus opportuns. Payer le prix, c’est comme s’aventurer dans les zones les plus dangereuses afin de s’emparer de la rondelle ou encore d’ennuyer l’adversaire.

Je ne crois pas que les Flames regardent le Canadien de très haut mais avouons que lors des deux premiers matchs de la série, ils n’ont pas été inquiétés du tout par un rival prêt à céder à la moindre occasion ?

Et, c’est ça qui laisse un goût de cendre dans la bouche des partisans de l’équipe. La situation dans laquelle se retrouve le Canadien exige de la part des effectifs, un engagement. 

Ce n’est pas ce qui se produit... et Marc Bergevin et son état-major doivent en être bien conscients que le Canadien représente l’une des pires formations de la ligue depuis un mois. Les Sabres de Buffalo ont gagné un match de plus que le Tricolore au cours des 10 dernières rencontres.

Où est donc ce fameux leadership auquel on fait trop souvent référence ? Qu’on cesse de dire que le Canadien manque Brendan Gallagher, on le sait. Comme certaines autres équipes qui sont privées de joueurs d’impact mais dont les autres patineurs respectent les engagements menant aux succès.

Avec un bilan de trois victoires en dix matchs, avec une fiche globale de 20-26, dans une lutte pour une place dans les séries, les joueurs doivent faire un sérieux examen de conscience.

On patauge dans la médiocrité depuis trop longtemps.