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Audiences sur le CHSLD Laflèche: «J’avais le goût de casser les fenêtres»

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Journée attendue, mardi, au palais de justice de Shawinigan, en Mauricie, dans le cadre de l’enquête publique du coroner sur les décès en CHSLD. La fille d’une résidente emportée par la COVID-19 à l’établissement Laflèche est venue témoigner du désespoir qu’elle vivait au printemps 2020 alors qu’elle était incapable de joindre sa mère, atteinte du virus.

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Durant une heure, Sofia Réunis a raconté les derniers jours de la vie de sa mère, Maria Lermytte, dont le décès sert d’ancrage aux audiences de cette semaine. Dans un témoignage empreint d’émotions, elle a raconté avoir laissé jusqu’à 10 messages vocaux par jour entre le 18 et le 22 mars 2020 afin de pouvoir parler à sa mère, sans que l’établissement rende ses appels.

«C’était devenu à un point où j’avais le goût d’aller casser les vitres pour entrer», a-t-elle confié, selon TVA Nouvelles.

Devant la situation, Mme Réunis a lancé un message de désespoir sur les réseaux sociaux, et une travailleuse de l’établissement a décidé d’organiser une rencontre virtuelle.

«Nous savions ce qui se passait en regardant les nouvelles, mais il n’y avait pas moyen d’avoir des informations de l’interne. Pour nous, c’était la panique», a-t-elle dit.

L’appel qu’elle redoutait est survenu le 1er avril. Un médecin a annoncé à Mme Réunis que sa mère était atteinte de la COVID-19 et que ses jours étaient comptés. Cette nouvelle lui donnera l’autorisation d’aller visiter sa mère, qui attendait la mort dans des conditions déplorables, selon elle.

«Ils avaient enlevé tous les effets personnels. Même ses lunettes et son toutou. Il n’y avait plus rien dans la chambre», a déploré Mme Réunis.

Sa dernière rencontre avec elle se fera la veille du décès de Mme Lermytte, le 5 avril. À la conclusion du témoignage, la coroner Géhane Kamel a tenu à saluer le courage de la dame. «Aujourd’hui, vous êtes la voix de votre mère.»

Des mesures difficiles à faire respecter

L’avant-midi a été consacré au témoignage de la cheffe de service en prévention et contrôle des infections du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Geneviève Campbell. Cette gestionnaire était responsable de la mise en œuvre des mesures de protection lors de l’éclosion dans l’établissement.

Elle a mentionné que tout a basculé la fin de semaine du 3 avril, lorsqu’un dépistage massif a été effectué. Plusieurs résidents asymptomatiques, qui avaient moins de contraintes de déplacement à respecter, ont été déclarés positifs.

«C’est à ce moment qu’on a saisi l’ampleur de la situation. Il a fallu arrêter le mouvement des résidents sur les étages parce que même les asymptomatiques étaient contagieux», a admis Mme Campbell.

C’est à partir du 4 avril 2020 que le port du masque est devenu obligatoire chez les travailleurs, mais un audit réalisé durant la semaine suivante a montré que les consignes sanitaires, particulièrement le lavage des mains et le port du masque, étaient respectées à environ 50%.

Mme Campbell a soutenu qu’une vigie constante des gestionnaires était nécessaire. «Quand nous étions là, ça allait très bien, mais c’était moins évident lorsqu’il n’y avait personne pour surveiller. Il faut dire que c’était nouveau pour tout le monde et ça demandait de l’ajustement aux employés, qui étaient débordés.»

Deux chefs d’unités du Centre d’hébergement de soins longue durée Laflèche ont conclu la journée. Les audiences reprennent mercredi avec le témoignage de deux préposées, d'une infirmière, de deux médecins et d'une travailleuse sociale.

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