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Molson cédera-t-il et sacrifiera-t-il Bergevin?

Sénateurs vs Canadiens
Martin Chevalier / JdeM

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Le Canadien de Montréal est d’abord une entreprise de relations publiques. Accessoirement, une équipe de hockey. Le marché latin singulier du Québec fragilise les décideurs. Ça a quelque chose de romantique. Le peuple qui a droit de vie ou de mort sur les têtes qui dirigent son club de hockey. Sauf que ça ne fabrique pas des aspirants à la coupe Stanley bien sérieux...

Le Canadien connaît une saison atroce compte tenu des attentes renouvelées placées en lui. La pile de défaites est plus imposante que la pile de victoires. Celle des performances gênantes l’est presque tout autant. Invariablement, il fallait que ça rejaillisse sur le patron hockey. Marc Bergevin est aux abonnés absents des médias sociaux. Il fait bien parce qu’il y mange une sincère volée depuis quelques semaines. 

Le propriétaire et président du Canadien Geoff Molson | Archives
SÉBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI
Le propriétaire et président du Canadien Geoff Molson | Archives

Pas mêlant, Patrick Roy doit consulter un spécialiste, croyant faire des acouphènes tellement les oreilles doivent lui siler.

Sans égards à Patrick, que j’adore et qui sera certainement directeur général dans la LNH avant longtemps. Est-ce que la solution pour Geoff Molson sera vraiment de congédier son vice-président hockey et directeur général si l’équipe rate les séries ou en sort en peu de matchs dès le premier tour ?

Si l’objectif est de calmer la grogne, redonner espoir au monde et mousser la réouverture de la billetterie, j’ai bien peur que oui. Sauf que des trois raisons illustrées plus haut pour procéder à un changement, aucune n’appelle aux performances du club sur la glace. Accessoire que je vous dis, la fiche de victoires et défaites. À Columbus, le propriétaire pourrait être patient avec son DG. À Montréal, beaucoup moins.

Bergevin aurait mérité de se voir indiquer la sortie au bilan de la saison 2017-2018. L’équipe venait de terminer 14e dans l’Est. Avant le début de cette saison gâchée, Bergevin avait échangé Mikhail Sergachev en retour de Jonathan Drouin. Il avait perdu Alexei Emelin au repêchage d’expansion, expédié Nathan Beaulieu au plus offrant et boudé Andrei Markov. Bref, il avait putréfié le flanc gauche de la défense et ce qu’elle avait de plus prometteur en un été. L’équipe s’en ressent encore. Geoff Molson lui a néanmoins accordé un vote de confiance.

Frileux

C’était la bonne chose à faire à l’analyse du travail effectué depuis bientôt trois ans. Le redressement est impeccable compte tenu des circonstances. Jamais l’équipe n’a pu compter sur autant de jeunes espoirs dans les rangs mineurs. Les acquisitions de Tyler Toffoli, Josh Anderson, Jœl Edmundson et Jake Allen permettent de croire que sans eux, le CH serait peut-être actuellement derrière Ottawa au classement.

Mais... Montréal c’est Montréal. Les gestionnaires peuvent être parfois frileux, et le contexte économique incertain causé par la pandémie n’a rien pour détendre Molson dans sa réflexion. Le patron choisira-t-il d’être patient et d’aller vers la continuité ou cédera-t-il au mouvement populaire, au risque de voir un nouveau DG présenter un plan visant à reculer pour mieux avancer ?

Vous n’êtes pas tannés de toujours pogner le boa constrictor au jeu « Serpents et Échelles » ? Le marketing du faux espoir demeure avant tout du marketing... hélas !