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NM F.-A.-Gauthier: une «réaction chimique» à l’origine des fuites d’huiles

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Nouveau chapitre dans la saga du NM F.-A.-Gauthier: une «réaction chimique» entre l’huile utilisée à bord du traversier et des joints d’étanchéité pourrait être à l’origine des fuites récurrentes qui ont de nouveau forcé son retrait.

«Il semble y avoir [...] possiblement une incompatibilité entre les joints d’étanchéité qui sont installés – et c’est ceux qui sont recommandés par le manufacturier – et l’huile qui est recommandée», a rapporté le PDG de la Société des traversiers du Québec (STQ), Stéphane Lafaut, lors de l’étude des crédits budgétaires.

C’est du moins ce qu’a découvert la société d’État, après s’être adjoint les services de «différents armateurs internationaux» pour l’aider à trouver la source des problèmes de son plus gros traversier.

«Il y aurait une réaction chimique qui entraînerait une dégradation des joints d’étanchéité, permettant donc à l’huile de s’échapper», a expliqué M. Lafaut.  

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Construit il y a seulement sept ans au coût de 175 millions, le NM F.-A.-Gauthier a une fois de plus dû être mis hors service, au début avril, en raison d’une fuite d’huile survenue lors d’une traversée entre la Côte-Nord et Matane. 

Le navire venait pourtant de subir d’importantes réparations (à Lévis et à Trois-Rivières), qui ont nécessité plusieurs mois d’arrêt, afin de régler le même type de problème. Or, les joints d’étanchéité du propulseur en cause, qui ont été remplacés à deux reprises, font toujours défaut. 

Exaspération

«La situation du F.-A.-Gauthier nous exaspère également», a avoué le PDG de la STQ, en assurant à tout le moins que les quantités d’huile qui ont été déversées en mer sont «infimes». 

La STQ avait d’abord suspecté un problème de calibrage de la pression d’air au niveau des propulseurs. 

En novembre 2019, «des débris métalliques dans le système de lubrification» avaient aussi été rapportés. 

M. Lafaut ne s’est pas avancé, mardi, sur une date de retour en service du navire. Dans l’attente, c’est le NM Saaremaa qui assure la relève. 

«Il n’y a personne qui se réjouit de voir le F.-A.-Gauthier incapable de naviguer présentement», a commenté pour sa part le ministre des Transports, François Bonnardel. 

«On l’a déjà qualifié de citron... Là, le citron est pressé. [...] Il n’est pas fiable et il coûte cher», a déploré le député péquiste Martin Ouellet, en suggérant au ministre de songer à remplacer le F.-A.-Gauthier de façon définitive. 

Considérant les sommes importantes investies jusqu’à maintenant, M. Bonnardel préfère «aller jusqu’au bout de ce bateau».