/finance/business
Navigation

Grève au Port de Montréal : la loi spéciale en voie d'être adoptée

L’appui des conservateurs rend probable l’adoption d’une loi spéciale destinée à mettre fin à la grève

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Le fédéral compte imposer une loi spéciale pour mettre fin à la grève au Port de Montréal, car elle menace l’économie, mais aussi la santé et la sécurité du public, selon lui.

• À lire aussi - Une grève qui promet d'être courte au Port de Montréal

• À lire aussi - Grève au Port de Montréal: les conservateurs appuieront la loi spéciale

• À lire aussi - Une PME s'est préparée à la grève au Port de Montréal

Les débardeurs qui poursuivraient la grève après l’adoption du projet de loi se retrouveraient donc dans l’obligation de retourner au travail.

La loi imposerait aux parties de retourner à la table de négociation en compagnie d’un médiateur-arbitre qui aurait le pouvoir de trancher dans un délai de 90 jours.

Les 1150 débardeurs militent contre des modifications à l’horaire imposées par l’employeur. Ils doivent se rendre disponibles 19 jours sur 21, ce qui nuit à la conciliation travail-famille, dénonce le syndicat.

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Pandémie

Pour la ministre du Travail, Filomena Tassi, stopper la grève qui dure depuis lundi est « une question de vie ou de mort ». « Nous savons qu’il y a des équipements liés à la lutte contre la COVID-19 qui sont bloqués actuellement », a-t-elle insisté. 

« C’est absolument faux », a dénoncé la porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui représente les travailleurs, Lisa Djevahirdjian.

« Nous avons fait la promesse de sortir tous les conteneurs avec un cargo médical afin de soulager la crise sanitaire, a-t-elle assuré au Journal. L’employeur doit nous donner le numéro du conteneur avec son contenu et nous procéderons au débardage. »

 

L’argument du gouvernement relève de « la désinformation », a renchéri le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, dont le parti a exprimé son opposition à la loi spéciale, tout comme le Bloc québécois et le Parti vert.

L’Administration portuaire de Montréal (APM) utilise un système faisant appel à l’intelligence artificielle pour accélérer la livraison des conteneurs contenant du matériel médical critique.

Mais, lors de la dernière grève de deux semaines, en août dernier, « aucun conteneur critique au sol n’a bougé », a indiqué l’APM en février.

De fait, « plusieurs entreprises québécoises et ontariennes utilisatrices du Port de Montréal, dont certaines qui y font transiter des marchandises critiques vouées à la lutte contre la COVID-19, redirigent déjà des marchandises conteneurisées vers d’autres ports », d’après l’administration.

  • Écoutez la chronique de Yasmine Abdelfadel au micro de Richard Martineau sur QUB radio:   

Échec du gouvernement

Le Parti conservateur appuie la loi spéciale, ce qui rend son adoption probable. Toutefois, il souligne qu’elle marque l’échec du gouvernement dans ce dossier.

« C’est un gâchis. Il n’y a personne qui souhaite ça, a dit le député Gérard Deltell. Il n’y a pas de gagnant ici. »


Le Syndicat des débardeurs du port de Montréal a fait savoir, en soirée, mardi, par voie de communiqué, que l’Association des employeurs maritimes avait abruptement quitté la table de négociation.