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Vaccination contre la COVID-19: il faut un congé payé pour tous

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Le Québec est durement frappé par la troisième vague. Le délestage reprend de plus belle dans plusieurs régions et on craint à nouveau un dépassement des capacités hospitalières. Cette fois-ci, les patients sont plus jeunes et sont infectés par des variants plus contagieux et plus virulents. Après plus d’un an de pandémie et dans un contexte épidémiologique précaire, l’espoir d’une sortie de crise réside principalement dans la vaccination massive.

La campagne de vaccination progresse et s’ouvre à la population active et donc aux personnes en âge d’être sur le marché du travail. Plusieurs d’entre elles ont déjà dû s’absenter à plusieurs reprises pour subir un dépistage, pour une période d’isolement ou encore un congé maladie. Encore plus nombreuses sont celles qui doivent, au quotidien, concilier travail et famille.  

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Vincent Bouchard-Dechêne, médecin spécialiste en médecine interne aux soins intensifs COVID de l'hôpital Notre-Dame, sur QUB radio:   

Une situation préoccupante

En parallèle, les exemples d’employeurs refusant les absences pour vaccination se multiplient, y compris au sein des réseaux de la santé et de l’éducation. Certains travailleurs, pourtant parmi les plus exposés, doivent reporter, voire annuler leur rendez-vous. D’un point de vue épidémiologique, ces situations sont préoccupantes. 

L’arrivée de nouvelles doses de vaccins permet enfin d’élargir la campagne à des personnes plus jeunes. Cette portion de la population, souvent sur le marché du travail, a parfois des enfants, et peut avoir un parent malade qui nécessite une aide de leur part. Ces personnes doivent donc concilier le travail et la famille, et ce, parfois dans une précarité socio-économique importante. Il nous apparaît donc essentiel que tout soit fait pour garantir un accès rapide et équitable à la vaccination. 

L’idée de permettre la vaccination sur les heures de travail sans perte de salaire mérite donc d’être considérée, par les employeurs tout comme le gouvernement québécois. 

Des exemples autour de nous

Autour de nous, l’idée fait son chemin. La Saskatchewan a créé un Special Vaccination Leave qui permet aux travailleurs de s’absenter de leur travail pour se faire vacciner sans perte de revenu. 

La Colombie-Britannique a récemment emboîté le pas et l’Alberta y réfléchit. L’État de New York a légiféré rapidement pour garantir quatre heures payées aux salariés des secteurs public et privé. 

Des employeurs privés se mobilisent également, spontanément. De grandes entreprises comme Canada Goose, Bureau en gros ou la Banque de Montréal ont en effet annoncé qu’elles libéreront leurs travailleurs pour cause de vaccination. Une PME de la région de Québec est même allée plus loin, et garantira deux journées de congé payées à ses employés ! 

La mesure gagne également des appuis au sein de la communauté scientifique : le CDC (Centers for Disease Control and Prevention), organisme scientifique par excellence aux États-Unis, recommande d’ailleurs formellement aux employeurs d’offrir à leurs employés des heures de congé rémunérées pour se faire vacciner. 

Le raisonnement derrière cette mesure est simple : le stress financier encouru par les employeurs qui rémunèrent leurs travailleurs durant quelques heures pour la vaccination est clairement supplanté par la diminution de l’absentéisme au travail pour des dépistages, des isolements ou encore des congés maladie liés à la COVID-19. 

Rappelons que la majorité des éclosions de COVID-19 se retrouve actuellement en milieu de travail. Tous les emplois ne se prêtant pas au télétravail, une large portion de la population s’expose au virus depuis plus d’un an pour assurer le bon fonctionnement de notre société. 

Ces initiatives envoient des messages forts quant à l’importance de la vaccination, en plus de faire tomber des contraintes rallongeant inutilement les délais de vaccination pour les personnes qui en ont le plus besoin. Le Québec, qui mise sur des mesures positives pour atteindre une couverture vaccinale suffisante, ne devrait pas se priver d’un tel incitatif supplémentaire. 

Le devoir des employeurs et de l’État

Se faire vacciner est un devoir citoyen, mais tout faire pour permettre aux individus les plus exposés d’avoir accès rapidement et sans contraintes au vaccin est le devoir des employeurs et de l’État. 

Dans le contexte actuel, tous les moyens possibles doivent être mis en place pour permettre à la population de se faire vacciner. Éviter que l’emploi ne soit une barrière à la vaccination, c’est une intervention qui protège les individus, qui protège le réseau de la santé et qui, collectivement, nous aidera à nous en sortir plus rapidement. 

Nous espérons, comme tout le monde, que l’effort actuel sera le dernier. Mettons toutes les chances de notre côté pour y arriver. Faisons tomber toutes les barrières à la vaccination.  

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