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A-t-on besoin d’un gérant dans l’abri?

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Photo AFP Le gérant des Blue Jays, Charlie Montoyo, lors d’un match le 12 avril.

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La beauté de s’exprimer dans une chronique, c’est de provoquer l’idéologie des purs et durs qui n’osent même pas défier l’establishment et procéder à un changement. Allons droit au but. Je m’interroge beaucoup sur l’inutilité d’un gérant dans le baseball majeur. Quel est son rôle ?

Sa mission est de garder de l’harmonie au sein des joueurs dans le vestiaire. À quel moment un gérant a-t-il perdu son vestiaire, comme on le dit souvent dans le jargon sportif ? C’est simple, c’est lorsque l’équipe perd fréquemment et qu’elle est exclue des séries. Chez les Expos, j’ai connu seulement un gérant qui avait perdu son vestiaire dans une situation gagnante et c’est Jim Fanning, en 1981, lorsque Nos Amours avaient remporté le championnat.

Un gérant doit être aussi un meneur. Chaque fois que j’analyse un match de baseball à TVA Sports, j’observe le gérant dans l’abri. C’est toujours la même prise de vue. Le gérant est au bout de l’abri avec une feuille dans ses mains en train de jaser avec son adjoint. Il est parmi les premiers à accueillir les joueurs après qu’ils ont marqué un point. Rarement on le voit s’asseoir à côté d’un joueur, soit pour le corriger ou discuter de stratégie. Encore pire, il demande au lanceur s’il est trop fatigué pour continuer à lancer.

Je ne veux pas viser le gérant des Blue Jays plus que les autres, car le gérant des Yankees gère de la même façon. Toronto a eu 186 retraits sur trois prises et a soutiré 62 buts sur balles. Cela veut dire qu’il y a au moins 248 fois que le gérant n’a pas pris de décisions.

Le gars devant l’ordinateur

Revenons à la dernière Série mondiale. Le gérant des Rays, Kevin Cash, a retiré son lanceur Blake Snell du match même s’il dominait les Dodgers à la sixième manche. Après a partie, il a déclaré que le lanceur avait effectué la limite de lancers. En passant, cette décision a coûté la Série mondiale aux Rays de Tampa Bay.

La formation partante tout comme l’utilisation d’un frappeur suppléant ou un changement au monticule sont décidés selon les données analytiques.

Le poste de l’entraîneur des frappeurs des Jays soulève des questions à cause des insuccès des cogneurs. Par contre, l’entraîneur des lanceurs ne se fait pas de bile jusqu’à présent, car son groupe est parmi les meilleurs de la Ligue américaine.

À bien y penser, quel rôle le gérant joue-t-il, à part de lire les directives du responsable des données analytiques qu’on ne voit jamais après ?

Au lieu d’avoir un gérant qui prend rarement une décision, laissons les entraîneurs des frappeurs et des lanceurs de l’équipe gérer le groupe. Leur travail sera par la suite analysé.

Les partisans s’ajustent

Regardons ensemble quelques règlements du baseball majeur qui ont été adoptés. 

Premièrement, le receveur qui n’a plus le droit de bloquer l’accès au marbre au coureur a suscité beaucoup de propos amers qui laissaient sous-entendre qu’il était tout à fait normal de tenter de blesser gravement un joueur. Curieusement, depuis l’application de ce règlement, aucun joueur n’a été blessé à la suite d’une collision au marbre.

Ensuite, la règle de compléter un but sur balles intentionnel en indiquant à l’arbitre d’envoyer le coureur au premier but sans effectuer de tirs. Les cris des puristes qui se plaignaient qu’on enlevait la possibilité d’un mauvais lancer qui permettrait au coureur d’avancer d’un but. Dans la Ligue de baseball junior élite du Québec (LBJÉQ), un mauvais tir dans une telle situation arrivait à peine deux fois par année.

Le baseball majeur a encore innové avec la réglementation qu’en saison régulière en prolongation, l’équipe au bâton amorce la manche avec un coureur au deuxième but. Une décision qui a été mal accueillie. Les partisans, les commentateurs et les joueurs qui étaient opposés ont changé d’opinion. Ils trouvent maintenant cette facette du jeu excitante.

Permettez-moi de faire un commentaire légèrement chauviniste. Tous les nouveaux règlements du baseball majeur, la LBJÉQ les avaient appliqués avant le baseball majeur.

La cerise sur le sundae

Dans les années 1960, le baseball majeur avait décidé de baisser la hauteur du monticule puisque les lanceurs étaient trop dominants. Il y avait trop de retraits au bâton et moins de circuits.

Cette année, les simples sont à la baisse et les retraits sur trois prises à la hausse. Il y a trois bonnes raisons. Premièrement, avec la défensive spéciale, le joueur de deuxième but joue au champ extérieur. C’est très difficile pour un frappeur gaucher de percer l’avant-champ par une balle frappée au sol. Donc, moins de coups sûrs cette année dans le baseball majeur.

Il y a aussi la rapidité des tirs. Les lanceurs sont plus grands et la balle quitte leur main à une distance d’environ 53 pieds du marbre. Encore une fois, moins de balles en jeu et plus de retraits sur trois prises.

Cette année à la demande du baseball majeur, la Ligue professionnelle de baseball Atlantique va reculer la distance du marbre d’un pied dès la mi-saison. Si c’est farfelu, pourquoi l’essayer ? La logique est bonne, mais pas nécessairement sécuritaire. La crainte est sans aucun doute les malaises aux bras que les lanceurs peuvent développer, car c’est une distance à laquelle ils ne sont pas habitués.

Le frappeur de choix

Dimanche dernier, les Dodgers et les Padres ont disputé un match excitant qui s’est terminé en manches supplémentaires. 

La décision de l’Association des joueurs d’avoir refusé d’implanter le règlement du frappeur de choix dans la Ligue nationale peut coûter le championnat ou une place dans les séries. Pourquoi ? Les buts sont remplis pour les Dodgers qui doivent utiliser le lanceur Clayton Kershaw comme frappeur suppléant. 

Le résultat ? Kershaw est retiré au bâton permettant ainsi aux Padres de remporter la victoire. Imaginez-vous si à la fin de la saison les Dodgers sont éliminés par un match.