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Bob Hartley à une victoire de la coupe Gagarine

Bob Hartley
Photo courtoisie, Julie Bertrand Bob Hartley tente de guider l’Avangard d’Omsk à la coupe Gagarine.

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Sacré Bob Hartley ! Il a gagné la coupe du Président de la LHJMQ, la coupe Calder avec les Bears de Hershey, la coupe de la Ligue nationale suisse avec les Lions de Zurich, la coupe Stanley avec l’Avalanche du Colorado...

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Et voilà que Super Bob est à une victoire de battre le légendaire club de l’Armée rouge et de gagner la coupe Gagarine, dans la KHL. L’Avangard d’Omsk mène la série 3 à 2 et le sixième match de la finale, disputé à Balashikha, à 60 kilomètres de Moscou, sera disputé à midi aujourd’hui.

C’est débile. Et hier, à 1 h du matin à Moscou, Bob était aussi excité qu’une recrue au tournoi pee-wee de Québec. Il avait sa cravate et s’était mis beau pour une entrevue à RDS. 

« Tu devrais être ici, tu pourrais écrire trois saisons de Lance et Compte avec tout ce qui se passe en finale », lance Hartley avec un grand sourire malgré la pression et l’heure tardive.

En finale de la KHL, ils affrontent le CSKA Moscou devant des milliers de spectateurs.
Photo courtoisie, Julie Bertrand
En finale de la KHL, ils affrontent le CSKA Moscou devant des milliers de spectateurs.

UNE ÉQUIPE RÉFUGIÉE

 Je comprends ce que veut dire Hartley. L’Avangard d’Omsk est une équipe réfugiée en banlieue de Moscou. Comme si les Flames de Calgary venaient jouer à l’aréna de Saint-Jérôme pour quelques années, le temps qu’on reconstruise leur aréna à Calgary. 

Et Balashikha n’est pas la ville la plus joyeuse qu’on puisse trouver dans la grande région de la capitale russe. 

Mais par je ne sais quel miracle, Bob Hartley a réussi à cimenter un formidable groupe de joueurs, dont certains avaient leur famille installée à Omsk, à quatre heures d’avion plus à l’est. 

Quand je suis allé rencontrer Hartley et sa bande à Balashikha, il n’y avait même pas une photo de l’Avangard sur les murs sévères de l’aréna. 

Les joueurs et leurs coachs étaient vraiment des réfugiés de l’Oural. Même les majorettes venaient d’Omsk pour les matchs, comme la cuisinière de l’équipe et le massothérapeute Papa Bear. 

LE GRAND CSKA... OU L’ARMÉE ROUGE

En face, le club du CSKA de Mouscou, le grand club de l’Armée rouge. Imaginez-vous le Canadien des grandes années de Guy Lafleur et de Patrick Roy et vous aurez une idée de ce qu’est le CSKA. C’est la tradition, c’est la fierté, c’est l’honneur, c’est la légende. C’est la grande équipe.

Et l’aréna du CSKA est un magnifique édifice. Moderne, environ 13 000 spectateurs, il fait partie d’un imposant complexe multi-sports comprenant une deuxième patinoire, un immense stade de soccer et le Temple de la renommée du hockey russe. 

C’est magnifique et l’ambiance est déchaînée quand le CSKA affronte le Spartak, l’autre équipe de Moscou.

« Y a une maudite ambiance. À cause de la COVID, ils ne peuvent pas remplir entièrement la place, mais ça doit pas être loin. Je peux juste te dire que l’aréna serait rempli au bouchon dans des conditions normales. C’est complètement débile », explique Super Bob.

TRETIAK ET BORIS DANS LES GRADINS

Si on était dans un épisode de Lance et Compte, toutes les forces vives de Vladimir Poutine se mêleraient de la bataille pour faire gagner le CSKA. Avec Guillaume Lemay-Thivierge dans le rôle de Poutine.

Même pas besoin de Poutine.

« Tu devrais voir les grands de l’Armée rouge ! Vladislav Tretiak, Boris Mikhailov et plusieurs autres anciens de l’Armée rouge assistent aux matchs. Ils ont les yeux fixés sur le jeu et semblent ressentir toutes les émotions de la game. Je te dis qu’ils prennent à cœur le sort de l’Armée rouge, leur grand club. Tu devrais voir leur regard », ajoute Hartley.

Nail Yakupov, Ilya Kovalchuk, Alexis Emelin ne sont que quelques-uns des piliers de l’Avangard. Le cas Emelin a suscité mille suppositions dans une presse sportive toute servile au CSKA.

« Ils ont parlé de suspension, ils ont supposé du dopage. La raison est simple. Emelin a subi un gros claquage. Il a tenté de jouer malgré la blessure et la blessure est devenue rigide. Papa Bear et le docteur ont travaillé toute la nuit pour tenter de soigner la blessure. On l’a bourré de pilules et d’antidouleurs comme ça se fait dans le hockey, mais il n’a pas été capable de rejouer. C’est ça l’histoire », raconte Hartley.

MADAME HARTLEY EN FLORIDE

Bob trouve le temps long à Moscou. Sa femme a adoré son expérience en Russie, mais pour cette troisième saison, elle a préféré passer l’année en Floride.

« Je ne l’ai pas vue depuis juillet », se lamente Hartley.

« Je travaille, je mange et je m’entraîne. Je suis complètement immergé dans le hockey. Mais c’est tripant », dit-il.

Gagne ou perd, Hartley sera autonome après le dernier match de la finale. Il va lui rester à aller gagner une place pour le groupe A aux Jeux olympiques de Pékin 2022 avec son équipe de la Lettonie, dont il est le coach...

Après, il va faire construire un deuxième complexe à logements à Grenville, de l’autre côté de la rivière des Outaouais, devant Hawkesbury, et pourrait se reposer en devenant animateur au 91,9 Sports...

Avec Patrick Roy qui veut revenir dans la Ligue nationale et Bob Hartley à Hawkesbury, les oreilles de Geoff Molson vont siler... fort.