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Enquête: des employés du CHSLD Laflèche se confient

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L’enquête publique du Bureau du coroner vis-à-vis des événements au CHSLD Laflèche s’est poursuivie, mercredi, au palais de justice de Shawinigan, en Mauricie. Plusieurs employés sont venus témoigner et raconter le tsunami qu'ils ont vécu au printemps 2020 alors que la COVID-19 a emporté 44 des 138 résidents de l’endroit.

Une infirmière clinicienne a confié que le centre d’hébergement avait rapidement perdu le contrôle de l’éclosion et que les directrices changeaient constamment, provoquant un sentiment d’insécurité, de peur et d’angoisse chez le personnel.

Cette employée a expliqué que les nouvelles directives étaient souvent transmises par les employés eux-mêmes lors des changements de quart de travail. Pendant plusieurs jours, les résidents asymptomatiques provenant de zone rouge n’étaient pas dépistés et ils étaient transférés sur d’autres étages ce qui a déclenché des éclosions sur les autres unités.

«Aucun soin n’a été négligé aux résidents. C’est nous [le personnel] qui s’est négligé pour tout donner», a tenu à préciser l’infirmière clinicienne à la coroner Géhane Kamel.

Une médecin déployée au CHSLD Laflèche en avril et en mai 2020 a aussi pris la parole. Dre Nathalie Brui a raconté qu’à son arrivée, elle avait trouvé les employés mal en point, inquiets et fatigués. Le personnel médical aurait même demandé que l’on procède à un dépistage massif au sein de l’établissement.

Les chambres doubles auraient contribué à la propagation du virus. Dre Brui a mentionné avoir fait la demande officielle pour mettre fin à cette pratique. Une demande qui n’aurait pas été entendue.

«Ç’a coûté très cher et j'ai vraiment beaucoup de tristesse pour tous les gens qui ont des deuils difficiles à vivre aujourd’hui en ayant perdu leurs parents sans pouvoir être près d'eux. Au moment où les choses se sont déroulées, il y avait une méconnaissance. On ne savait pas que ça allait nous rendre là. Ce que j'ai dit aujourd’hui [mercredi], c’est qu’on a appris de cette mauvaise expérience-là en accomplissent des dépistages systémiques et en accomplissant des mises en retrait rapide», a-t-elle commenté à sa sortie de la salle d’audience.

Un virus sous-estimé

La menace du coronavirus a été sous-estimée dès le départ au CHSLD Laflèche. Édith Lafrenière, une préposée aux bénéficiaires qui a travaillé au début l’éclosion, a mentionné que le virus était traité comme une seule grippe.

Le personnel portait un masque et une blouse de protection seulement lorsqu’il entrait dans la chambre d’un résident en isolement selon les consignes de départ. Édith Lafrenière s’occupait de Maria Lermytte, une des résidentes qui a succombé à la COVID-19 et qui est au cœur de l’enquête publique du coroner.

«Il y a certains résidents qui viennent nous chercher au cœur et Maria c’était une de ces personnes-là pour moi. Je ne l’appelais pas Mme Lermytte, je l'appelais «Maria, ma belle Maria» quand je rentrais dans sa chambre», a-t-elle confié à TVA Nouvelles.

Édith Lafrenière a contracté la COVID-19 au centre d’hébergement et a eu de graves complications menant à une hospitalisation de plusieurs semaines.

«Je fais tout ce que je peux pour mes résidents du mieux que je peux. Je serai contente que le Québec sache que les employés de Laflèche, malgré tout ce qui s’est dit sur le CHSLD Laflèche... ce sont des bons employés qui aiment les résidents et qui font attention», a conclu Édith Lafrenière.

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