/opinion/columnists
Navigation

Le passeport vaccinal, c’est la liberté

ART-VISIONNEMENT-LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER
Photo d’archives, Agence QMI Un passeport vaccinal crée plus de liberté lorsqu’il permet une reprise plus hâtive de certaines activités.

Coup d'oeil sur cet article

Certains ont tenté de tourner l’idée de passeport vaccinal en un accroc à la liberté. Plus les choses évoluent devant nos yeux, plus nous constatons le contraire : le passeport pave la voie à une liberté retrouvée.

Le plus bel exemple, c’est la récente ouverture faite par l’Union européenne aux Américains. En présentant une preuve qu’ils sont complètement vaccinés (appelez cela passeport ou autrement), les résidents des États-Unis pourront voyager dans les 27 pays de l’Europe dès cet été. 

Une telle entente ouvre des perspectives pour l’industrie touristique européenne, mais elle redonne aussi aux Américains l’espoir de voyager. Or une telle entente n’est possible qu’à partir du moment où l’on s’entend sur une notion de vaccination acceptée et sur une procédure pour en faire la preuve.

Nous pouvons rêver au fait que le Canada tentera d’obtenir un accord semblable. Pour cet été, la question ne se pose pas encore. Lorsqu’on parle de passeport vaccinal, on parle de personnes complètement vaccinées, donc ayant reçu les deux doses. Avant août ou septembre, cela représentera une bien faible proportion de la population au Canada. 

Réouvertures devancées

À l’interne d’un pays, le passeport vaccinal peut aussi être utilisé pour accroître la liberté. Israël, le pays le plus vacciné, a poussé pour une réouverture plus agressive des restaurants, des gyms et des salles de spectacles... pour les personnes vaccinées. Le « passeport vert » est exigé comme preuve.

Aux États-Unis, certains stades de baseball ont créé une section pour les personnes complètement vaccinées. C’est notamment le cas des Dodgers de Los Angeles. Dans ces sections, on vit l’expérience du baseball la plus normale possible.

L’exemple inverse, c’est ce que vivent présentement les snowbirds québécois à la frontière à leur retour. La plupart revenant complètement vaccinés de Floride sont frustrés de devoir se taper la quarantaine, dont les trois jours coûteux à l’hôtel. 

La seule façon de lever ces contraintes sera d’établir des règles réciproques de passage à la frontière. De toute évidence, ces règles vont devoir inclure une procédure pour faire la démonstration d’une vaccination complète. Pour les personnes présentant une telle preuve, certaines mesures sanitaires pourraient être relaxées. 

Deux classes ?

Évidemment, si le passeport ouvre les portes d’une liberté élargie, ce n’est pas le cas pour les personnes qui auraient refusé la vaccination. Ces personnes risquent de devoir continuer à suivre des règles sanitaires plus strictes, mais aussi de devoir recourir à des tests à répétition. Pour l’instant, présenter un test négatif de moins de trois jours représente la seule option. 

J’entends des craintes selon lesquelles le passeport vaccinal créera deux catégories de citoyens. Faux. Il faut le répéter : le vaccin est gratuit et offert à tous. Ceux qui le refusent créent une catégorie de citoyens qui vont devoir vivre avec les conséquences de leur choix.

Réouverture plus hâtive et plus complète des salles de spectacles et des restaurants, reprise plus hâtive des voyages, le passeport représente un gain de liberté.